Les ministres de la CEDEAO se réunissent à Abuja pour faire avancer les modalités de financement de la force régionale de lutte contre le terrorisme
01 Sep, 2025Les ministres de la Défense et des Finances des États membres de la CEDEAO se sont réunis au siège de la Commission de la CEDEAO à Abuja, le vendredi 29 août 2025, pour une réunion ministérielle de haut niveau afin d’examiner le rapport de la réunion d’experts sur les modalités de financement visant à rendre opérationnelle une force régionale dédiée à la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest.
La réunion a souligné la nécessité urgente de renforcer la capacité opérationnelle de la Force en attente de la CEDEAO (ESF), les ministres soulignant que les ressources actuelles restent insuffisantes pour répondre aux besoins urgents de la région en matière de sécurité.
Au cours de leurs délibérations, les ministres ont réaffirmé le rôle central de la CEDEAO en tant que communauté économique régionale (CER) dans la consolidation de la paix, la gestion des conflits et la gouvernance démocratique. Ils ont réitéré l’engagement de la Communauté en faveur de la sécurité collective comme fondement de la stabilité régionale, de la prospérité et d’une intégration plus profonde.
Cette réunion revêt une importance particulière alors que la CEDEAO célèbre son 50e anniversaire sous le thème « Plus forts ensemble pour un avenir meilleur ». Cette étape importante met en évidence la résilience, l’unité et la détermination de la Communauté à construire une CEDEAO plus sûre et plus réactive pour les générations futures.
Dans son discours de bienvenue prononcé au nom du ministre nigérian de la Défense, l’honorable Mohammed Badaru Abubakar, M. Stanley George, directeur des relations économiques internationales, a félicité les États membres pour leur engagement sans faille en faveur de l’élimination du terrorisme dans la région.
Il a souligné que l’Afrique de l’Ouest continue d’être confrontée à des menaces complexes et en constante évolution, notamment le terrorisme, l’extrémisme violent, la criminalité transnationale organisée et les changements anticonstitutionnels de gouvernement. « Ces défis compromettent non seulement notre paix et notre sécurité collectives, mais mettent également en péril la stabilité économique et les aspirations démocratiques de nos peuples », a-t-il souligné.
Il a en outre noté que la création d’une force régionale de lutte contre le terrorisme est une mesure décisive pour préserver la souveraineté, protéger les vies et les moyens de subsistance, et maintenir l’ordre constitutionnel dans toute la région de la CEDEAO.
Le président de la Commission de la CEDEAO, S.E. Dr Omar Alieu Touray, a réaffirmé l’engagement indéfectible de la CEDEAO à protéger les citoyens contre le terrorisme. Il a souligné que les activités des groupes extrémistes constituent un grave danger non seulement pour la sécurité, mais aussi pour le commerce, les investissements et l’intégration régionale. « Le terrorisme, sous toutes ses formes, reste une menace majeure pour nos efforts d’intégration et pour le développement socio-économique de notre communauté », a-t-il souligné.
Présidant la session, le ministre de la Défense de la Sierra Leone, le colonel Brima Muana Massaquo (à la retraite), a souligné la nécessité urgente de lutter contre la menace croissante du terrorisme, qui transcende les frontières, les nationalités et les religions. Il a appelé à une coordination régionale renforcée, à des partenariats plus solides avec les acteurs internationaux et à des approches innovantes, notamment des partenariats public-privé (PPP) potentiels, afin de financer de manière durable les opérations de lutte contre le terrorisme.
La réunion a examiné les progrès réalisés depuis le sommet extraordinaire du 27 juin 2024 à Abuja, au cours duquel les dirigeants de la CEDEAO ont chargé la Commission d’étudier les options permettant de mettre en place une force régionale de lutte contre le terrorisme. Deux modèles de déploiement ont été envisagés :
- Une brigade de 5 000 hommes, dont le coût est estimé à 2,61 milliards de dollars américains pour la première année.
- Une brigade de 1 650 hommes déployée par étapes, dont le coût initial s’élèverait à 481,5 millions de dollars américains, comme approche progressive vers la force d’intervention.
Une étude d’impact réalisée par une équipe de consultants sur les implications d’une augmentation de la contribution communautaire pour financer la force a également été présentée. Les conclusions de cette étude devraient aider les ministres à prendre des décisions éclairées sur l’approche la plus viable et la plus rentable.
À l’issue de la réunion, les ministres des Finances et de la Défense ont réaffirmé que les décisions prises permettront d’équilibrer les impératifs urgents de la sécurité régionale et la viabilité des mécanismes de financement, garantissant ainsi que la CEDEAO reste en mesure de répondre efficacement aux menaces actuelles et futures.