Les experts de la CEDEAO validaient le rapport de l’étude de faisabilité sur la création d’un centre Régional de coordination en cybersécurité (CRCC)
16 Sep, 2025La Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à travers son Département des Infrastructures, de l’Énergie et de la Digitalisation, a réuni du 15 au 17 septembre 2025 à Lagos, au Nigeria, des experts en cybersécurité et en TIC des États membres de la CEDEAO afin de valider le projet de rapport de l’étude de faisabilité relative à la création d’un Centre Régional de Coordination en Cybersécurité (CRCC).
Réalisée en collaboration avec les États membres, cette étude vise à évaluer la faisabilité de la mise en place d’un CRCC, conformément à la Directive C/DIR.1/01/2021 sur la Stratégie régionale de cybersécurité et de lutte contre la cybercriminalité de la CEDEAO. Le Centre est conçu comme un pilier central destiné à soutenir et à promouvoir les efforts coordonnés en matière de cybersécurité et l’assistance mutuelle au sein de la Communauté, sans pour autant dupliquer les autorités nationales ou les CSIRT. Le rapport final, fondé sur les consultations menées avec les États membres et sur le rapport préliminaire, propose un modèle pragmatique, progressif, à la fois ambitieux et réalisable.
Lors de la cérémonie d’ouverture, M. Sédiko Douka, Commissaire en charge des Infrastructures, de l’Énergie et de la Digitalisation, représenté par Mme Folake Olagunju, Directrice par intérim de l’Économie numérique et de la Poste, a réaffirmé l’engagement de la CEDEAO à bâtir un avenir numérique plus sûr et plus résilient pour l’Afrique de l’Ouest. Dans le message lu en son nom, il a souligné que si la transformation numérique rapide de la région constitue une opportunité de croissance, elle accentue également les vulnérabilités. Il a insisté sur le fait que les réponses nationales fragmentées demeurent insuffisantes face aux menaces cybernétiques transfrontalières, d’où la nécessité d’une approche régionale coordonnée.
Mettant en avant les avancées réalisées, il a annoncé que l’étude de faisabilité sur la création du CRCC est arrivée à sa phase finale, avec la validation du projet de rapport par les États membres, préalable à son adoption ministérielle et statutaire. Selon lui, le Centre constituera une plateforme destinée à renforcer la coopération, le partage d’informations et la diplomatie numérique dans la région, tout en complétant les efforts nationaux.
« Le CRCC n’a pas vocation à remplacer les initiatives nationales, mais à les amplifier , en créant une structure où le partage d’informations améliore notre réponse collective, où l’échange de capacités s’intensifie au-delà des frontières, et où la diplomatie numérique s’exerce d’une seule voix », a-t-il affirmé.
Pour sa part, M. Richmond Redwood-Sawyerr, Directeur de la Résilience numérique du Centre national de coordination de la cybersécurité (NC3) de la République de Sierra Leone et Président de l’atelier de validation, a salué la Commission de la CEDEAO pour avoir pris l’initiative de ce projet. Reconnaissant les inquiétudes initiales souvent soulevées quant à la mise en œuvre des initiatives régionales et à la coopération entre États, notamment en matière de partage d’informations, il a souligné que le rapport de faisabilité apporte une réponse claire.
Insistant sur la nécessité d’assurer la durabilité du projet, M. Redwood-Sawyerr a appelé les États membres à fournir un appui constant afin de garantir le succès du Centre sur le long terme. Il a rappelé le potentiel du CRCC pour renforcer la collaboration et la coordination, tout en permettant une réaction rapide face aux incidents cybernétiques dans la région.
« Le CRCC peut renforcer la cybersécurité dans nos États membres sans dupliquer les efforts nationaux — à condition d’adopter un modèle progressif qui respecte la souveraineté tout en offrant des services concrets dès le premier jour », a-t-il déclaré. Il a exhorté les participants à utiliser l’atelier comme un catalyseur de collaboration en examinant le rapport, en partageant leurs perspectives et en façonnant une vision commune pour une résilience régionale en matière de cybersécurité.
Une fois validé par les experts, le rapport sera soumis aux ministres en charge des TIC des États membres pour approbation, avant d’être intégré dans le processus officiel de validation de la CEDEAO.