La CEDEAO et Jam’iyyatu ansariddeen attijaniyya organisent une conférence régionale pour aborder les questions du terrorisme, de l’extrémisme violent et de la gouvernance en Afrique de l’Ouest et au Sahel
05 Nov, 2025La Commission de la CEDEAO, en partenariat avec Jam’iyyatu Ansariddeen Attijaniyya, a organisé la Conférence islamique ouest-africaine sur la sécurité et la gouvernance au Parlement de la CEDEAO à Abuja. Cette conférence de haut niveau, qui s’est tenue du mardi 4 au jeudi 6 novembre 2025, a réuni des organisations islamiques, des représentants gouvernementaux, des chefs traditionnels et religieux, des universitaires, des décideurs politiques, des jeunes et des partenaires régionaux afin d’élaborer des stratégies concrètes pour lutter contre le terrorisme, l’extrémisme violent et les défis de gouvernance en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
La conférence s’est concentrée sur le thème « Le rôle des organisations islamiques dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et au Sahel », soulignant la nécessité urgente de renforcer la gouvernance, de protéger les enfants vulnérables dans les systèmes éducatifs islamiques traditionnels et de favoriser la collaboration entre les acteurs étatiques et non étatiques dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de la stabilité régionale.
Dans son allocution, le Dr Mohamed Ibn Chambas, Haut Représentant de l’Union africaine pour faire taire les armes et Président du Panel de haut niveau de l’UA sur la résolution du conflit au Soudan, a souligné l’importance du leadership moral et du dialogue inclusif dans la résolution des conflits. Il a déclaré :
« La paix ne peut être obtenue par la force, mais par l’autorité morale, la guidance spirituelle et l’engagement inclusif. Nos chefs religieux et traditionnels, dont l’influence touche profondément le cœur de notre peuple, sont des partenaires indispensables pour lutter contre la violence et bâtir des communautés pacifiques. »
L’ambassadeur Abdel-Fatau Musah (Ph.D), commissaire de la CEDEAO chargé des affaires politiques, de la paix et de la sécurité, a réaffirmé l’engagement de la CEDEAO à protéger la région. Il a déclaré:
« La lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent reste notre priorité absolue pour parvenir à la sécurité collective, qui est le fondement de la stabilité régionale, de la prospérité et d’une intégration plus profonde. Cela nécessite une approche à plusieurs volets, combinant bonne gouvernance, cohésion sociale et partenariats solides avec les organisations confessionnelles et les communautés. »
La conférence se tient à un moment critique, alors que l’Afrique de l’Ouest et le Sahel continuent d’être confrontés à des menaces croissantes provenant de groupes terroristes, de la criminalité transnationale et des tensions communautaires. Ces défis sont aggravés par l’exploitation d’enfants vulnérables dans les systèmes scolaires islamiques traditionnels connus sous les noms d’almajirai, talibés ou yan makaranta, qui risquent d’être manipulés par des réseaux extrémistes. L’événement vise à promouvoir la réforme, la réglementation et la modernisation de ces systèmes tout en préservant leur valeur culturelle et éducative.
Au cours de ce forum de trois jours, les délégués ont débattu de thèmes clés, notamment la résilience communautaire, la réforme de l’éducation islamique traditionnelle, la lutte contre la désinformation, le renforcement du dialogue interconfessionnel, la promotion de l’autonomisation des jeunes et le renforcement de la collaboration entre les institutions islamiques et les gouvernements.
Cette initiative s’inscrit dans le droit fil de la stratégie antiterroriste de la CEDEAO, du protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance, de la déclaration de Niamey sur l’éducation pour une culture de paix, ainsi que de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et de la feuille de route « Faire taire les armes ». Elle témoigne de la détermination sans faille de la CEDEAO à collaborer avec les acteurs religieux, les communautés et les partenaires régionaux afin de promouvoir la paix, la tolérance et un développement qui ne laisse personne de côté.
La CEDEAO a exprimé sa profonde gratitude au gouvernement et au peuple de la République fédérale du Nigéria pour avoir accueilli la conférence, ainsi qu’à l’Union africaine et aux partenaires régionaux pour leur collaboration. Financée par le Fonds de paix de la CEDEAO, cette initiative témoigne de l’engagement stratégique de la CEDEAO en faveur du dialogue régional et des solutions locales dans le cadre de son objectif Vision 2050 d’une « CEDEAO sûre, stable et prospère pour les peuples ».