La CEDEAO, ses partenaires et les Etats membres renforcent le leadership stratégique pour la mise en œuvre coordonnée de l’agenda femmes, paix et sécurité en Afrique de l’ouest
27 Nov, 2025La Commission de la CEDEAO, à travers sa Direction des Affaires humanitaires et sociales (DAHS), en étroite collaboration avec plusieurs directions et agences de la Commission, le Centre international Kofi Annan de formation au maintien de la paix (KAIPTC), le Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP) et le projet EPSG d’appui de l’Union européenne à la CEDEAO en matière de paix, sécurité et gouvernance , financé par l’Union européenne, commandité par l’Allemagne et mis en œuvre conjointement par la GIZ, Expertise France et la Fondation FIAP , a organisé avec succès un programme régional de renforcement des capacités de cinq jours destiné à améliorer le leadership stratégique, la coordination et la mise en œuvre de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité (FPS) dans les États membres de la CEDEAO.
L’atelier, tenu au KAIPTC à Accra du 17 au 21 novembre 2025, a réuni les membres du Groupe régional de pilotage de la CEDEAO sur le FPS, incluant les points focaux nationaux, les réseaux régionaux de femmes, des organisations de la société civile et les Centres d’excellence de formation de la CEDEAO. L’objectif était de consolider les systèmes nationaux de mise en œuvre en cohérence avec le Plan régional de la CEDEAO pour l’Agenda FPS et le Cadre continental de résultats qui guide le suivi et l’évaluation au niveau africain.
Dans son discours d’ouverture, le Commandant par intérim du KAIPTC, Air Commodore David Anetey Akrong, a souligné l’importance de cette formation, répondant de manière opportune aux défis persistants de coordination qui entravent toujours l’application effective de l’Agenda FPS. Il a rappelé que, vingt-cinq ans après l’adoption de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, des lacunes importantes subsistent, notamment en matière de leadership, de collaboration et de participation significative des femmes aux processus de paix et de sécurité. Il a également réaffirmé l’engagement du Centre à renforcer les systèmes FPS grâce à la recherche, au dialogue politique et au développement continu des capacités, tout en saluant le partenariat solide avec le GCSP et la GIZ.
Au nom de la Directrice des Affaires humanitaires et sociales de la CEDEAO, Dr Sintiki Tarfa Ugbe, M. Olatunde Olayemi, chargé de programme, a réaffirmé l’engagement constant de la Commission en faveur de l’Agenda FPS. Il a rappelé que la CEDEAO continue de jouer un rôle moteur au niveau régional, notamment à travers l’élaboration de Plans d’action nationaux, la simplification du Cadre continental des résultats de l’Union africaine, et un appui continu aux efforts de renforcement des capacités. Il a souligné que la nature multisectorielle de l’Agenda FPS nécessite un leadership national solide et des mécanismes de coordination efficaces.
Le Directeur pays de la GIZ au Ghana, Dr Dirk Aßmann, a rappelé qu’une paix durable est impossible sans la participation pleine et entière des femmes à tous les niveaux décisionnels. Il a confirmé le soutien continu de la GIZ à la CEDEAO à travers le projet EPSG, en particulier pour consolider l’architecture régionale FPS. Il a insisté sur l’importance du Cadre continental de résultats de l’UA et du Plan régional d’action de la CEDEAO comme outils clés pour renforcer la redevabilité et éclairer la prise de décision.
Représentant le Président de la Sierra Leone et Président en exercice de la Conférence des chefs d’État de la CEDEAO, M. Ibrahim Kamara, Directeur de la politique, de la recherche et de la planification stratégique du ministère du Genre et de la Protection de l’enfance, a réaffirmé l’engagement indéfectible de son pays à promouvoir l’Agenda FPS. Il a salué les progrès réalisés par les États membres, notamment dans les domaines législatifs, politiques et institutionnels portant sur la participation, la protection, la prévention et le relèvement. Il a rappelé que promouvoir l’Agenda FPS est une obligation et non un choix, ajoutant que l’intégration économique et la stabilité régionale ne peuvent prospérer sans la sécurité, l’inclusion et l’autonomisation des femmes.
La Ministre ghanéenne du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale, Dr Agnes Naa Momo Lartey, a mis en avant le leadership du Ghana, évoquant l’adoption de Plans d’action nationaux, la promulgation de la loi sur l’Action affirmative et la nomination de points focaux genre dans les institutions de sécurité. Elle a réaffirmé l’engagement du Ghana à renforcer des institutions sensibles au genre, tout en appelant les États membres à amplifier la voix des femmes, consolider la collaboration et répondre aux menaces sécuritaires émergentes.
À l’issue de la formation, les participants ont renforcé leurs capacités de leadership stratégique et de coordination grâce à des simulations, des exercices de communication stratégique, des analyses d’acteurs et des sessions d’apprentissage entre pairs. Ils ont amélioré leur maîtrise des cadres régionaux et continentaux, renforcé leur capacité à gérer des processus multisectoriels FPS et élaboré des plans nationaux de coordination adaptés, examinés entre pairs durant l’atelier. La formation a également permis de développer des réseaux régionaux, de clarifier les rôles des différents acteurs et de fournir des outils pratiques pour une mise en œuvre plus cohérente, inclusive et axée sur les résultats dans les États membres.
La réussite de cet atelier de cinq jours constitue une avancée majeure dans le renforcement de l’architecture Femmes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest. La CEDEAO, avec le KAIPTC, le GCSP et le projet EPSG, a réaffirmé son engagement à bâtir un écosystème FPS mieux coordonné, inclusif et responsable, capable de transformer les engagements politiques en résultats concrets. Alors que les participants regagnent leurs pays avec des compétences renforcées et des plans d’action opérationnels, la Commission et ses partenaires restent pleinement mobilisés pour soutenir leurs efforts en faveur de l’égalité de genre, de la paix durable et de la sécurité humaine dans la région.