LA CEDEAO ORIENTE UN CONSENSUS CONTINENTAL AVEC L’UNION AFRICAINE SUR LES PORTS VERTS ET L’AGENDA DE DÉCARBONATION MARITIME
25 Mar, 2026Dans le cadre de la transition de l’Afrique vers des systèmes maritimes durables, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Commission de la CEDEAO), en étroite collaboration avec la Commission de l’Union Africaine (CUA), a organisé un atelier continental de validation de haut niveau sur les lignes directrices relatives aux ports verts, la réduction des émissions de gaz à effet de serre du transport maritime et la mise en œuvre de la Charte africaine révisée des transports maritimes, réunissant des acteurs continentaux de haut niveau, des institutions maritimes et des experts techniques au siège de la CEDEAO à Abuja (Nigéria), le 24 mars 2026, dans le cadre d’un engagement stratégique de deux jours visant à harmoniser la position de l’Afrique et à accélérer les voies de mise en œuvre.
Ouvrant la session, M. Chris APPIAH, Directeur des Transports à la Commission de la CEDEAO, a souligné l’urgence de positionner le secteur maritime africain dans les transitions mondiales, en indiquant que « l’efficacité, la capacité opérationnelle et la facilitation des échanges doivent rester au cœur de la réponse de l’Afrique, alors même que le continent progresse vers des systèmes maritimes plus verts », tout en avertissant que les mesures de durabilité doivent refléter les réalités et les priorités de développement de l’Afrique. S’exprimant au nom du Président de la Commission de la CEDEAO, S.E. Dr Omar Alieu TOURAY, il a réaffirmé l’engagement de la CEDEAO à renforcer la gouvernance maritime, à améliorer les infrastructures portuaires et à accompagner les États membres dans la mise en place de systèmes de transport résilients et compétitifs.
Apportant une perspective continentale clé, Dr Raissa-Julie Ada ALLOGO, Cheffe du Transport maritime à la Commission de l’Union Africaine, a appelé à une voix africaine unifiée dans les négociations maritimes mondiales, soulignant que « le moment est venu pour l’Afrique de parler d’une seule voix afin de garantir que la transition vers la décarbonation demeure inclusive, réaliste et alignée sur les capacités de nos États membres ». Elle a mis en exergue l’importance stratégique de la Charte africaine révisée des transports maritimes (2010), récemment entrée en vigueur, en tant que pilier de la modernisation de la gouvernance maritime africaine et du renforcement de la coordination institutionnelle à l’échelle du continent.
Les organisations maritimes régionales ont également renforcé la dimension opérationnelle des discussions. Dr Paul ADALIKWU, Secrétaire général de l’Organisation maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (OMAOC/MOWCA), a souligné que le développement des ports verts constitue « à la fois une responsabilité environnementale et un investissement stratégique pour améliorer la compétitivité, la résilience et l’efficacité des ports africains », tandis que M. Kassim Kaziba MPAATA, Secrétaire général de l’Organisation maritime de l’Afrique orientale, australe et du Nord (MOESNA), a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de réduire sa dépendance structurelle et de renforcer ses propres capacités maritimes afin d’atténuer les chocs externes. Dans le même esprit, le Capitaine Sunday M. UMOREN, Secrétaire général du Mémorandum d’Abuja sur le contrôle par l’État du port, a souligné que le respect des normes maritimes internationales est essentiel pour préserver la participation de l’Afrique aux systèmes mondiaux de transport maritime et éviter une augmentation des coûts opérationnels.
Représentant les partenaires de développement, Mme Bekele Essete ABEBE, au nom de la Coopération allemande (GIZ), a rappelé l’importance du renforcement des systèmes portuaires en tant qu’infrastructures essentielles au commerce, soulignant que « les ports restent l’épine dorsale des chaînes d’approvisionnement mondiales et que l’investissement dans des infrastructures portuaires durables et résilientes est au cœur de la transformation économique de l’Afrique et de sa réponse aux enjeux climatiques ». Elle a réaffirmé le soutien continu de la GIZ aux initiatives continentales visant à promouvoir le développement des ports verts et la durabilité maritime.
Les sessions techniques, animées par l’équipe de consultants de la Commission de l’Union Africaine, ont permis une présentation approfondie du guide/manuel sur les ports verts en Afrique, fondé sur de vastes consultations auprès des États membres. Les conclusions ont mis en évidence des domaines prioritaires tels que l’intégration des énergies renouvelables, l’électrification des opérations portuaires, la digitalisation, le suivi des émissions, la résilience climatique et les carburants, tout en soulignant que les ports verts doivent être envisagés comme une transformation économique et opérationnelle globale plutôt que comme une simple approche environnementale.
L’atelier se poursuit le 25 mars 2026 avec des sessions de travail ciblées visant à valider les documents clés, consolider les contributions des États membres et adopter une feuille de route coordonnée pour la mise en œuvre. Les résultats attendus devraient renforcer l’architecture de gouvernance maritime de l’Afrique, améliorer la performance des ports et positionner le continent comme un acteur stratégique et proactif dans la transition mondiale vers un transport maritime durable et décarboné.