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LA CEDEAO, L’UNION EUROPÉENNE ET L’ALLEMAGNE TIENNENT LA DEUXIÈME RÉUNION DU COMITÉ DE PILOTAGE

12 Mar, 2026

La Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en collaboration avec l’Union européenne (UE) et le Gouvernement allemand, a tenu aujourd’hui à l’hôtel Fiesta Royale à Accra, au Ghana, la deuxième réunion du Comité de pilotage du projet Appui de l’Union européenne à la CEDEAO en matière de Paix, Sécurité et Gouvernance (EPSG).

 

Cet atelier de haut niveau a servi de plateforme stratégique pour examiner les progrès réalisés au cours de la première année de mise en œuvre du projet et procéder à l’adoption formelle du plan de travail pour l’année 2026, visant à renforcer la stabilité régionale et la sécurité humaine.

 

Procédant à l’ouverture officielle de la réunion, Son Excellence Dr Abdel-Fatau Musah, Commissaire de la CEDEAO aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité (CPAPS), a prononcé un discours liminaire appelant à une réflexion sur les paradigmes traditionnels de l’aide internationale. Il a souligné que, dans un contexte où le multilatéralisme mondial est soumis à de fortes pressions, le partenariat entre l’Union européenne et la CEDEAO doit évoluer vers une collaboration mutuellement bénéfique, fondée sur le respect mutuel et l’appropriation partagée.

 

Le Commissaire a invité les participants à s’interroger sur le rôle de la CEDEAO dans ce partenariat, se demandant si l’organisation demeure un sujet, un objet ou un copropriétaire de celui-ci. Il a insisté sur le fait que les priorités des projets doivent être directement alignées sur les besoins stratégiques de la CEDEAO afin d’éviter tout décalage entre les réalités régionales et les initiatives pilotées par les partenaires. Il a également appelé à la levée des obstacles empêchant la CEDEAO d’accéder directement aux financements et a souligné que les efforts collectifs doivent se concentrer sur l’opérationnalisation de la force régionale de lutte contre le terrorisme afin de faire face à l’extrémisme violent et à l’insécurité maritime.

 

Dans cet esprit de partenariat, les représentants de la Délégation de l’Union européenne et de l’Ambassade d’Allemagne, qui ont coprésidé la réunion, ont réaffirmé leur engagement constant en faveur de la stabilité de la région. L’Ambassade d’Allemagne a souligné l’importance d’une réponse européenne coordonnée, rappelant que le projet EPSG constitue une initiative collective visant à soutenir des solutions portées par l’Afrique de l’Ouest.

 

La Délégation de l’Union européenne a, pour sa part, réitéré que le succès du projet sera mesuré par sa capacité à produire des résultats concrets et durables contribuant à la sécurité des citoyens de la Communauté. Elle a également salué l’intégration du Gouvernement du Danemark en tant que nouveau partenaire contributeur, renforçant ainsi la gouvernance et la visibilité régionale du projet.

Le projet EPSG, mis en œuvre sur la période 2024–2027 avec un budget global de plus de 29 millions d’euros, est cofinancé par l’Union européenne et le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), avec l’appui complémentaire du Ministère danois des Affaires étrangères (MOFA).

La mise en œuvre du projet est assurée dans le cadre d’un partenariat technique réunissant la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), Expertise France et la Fondation internationale et ibéro-américaine pour l’administration et les politiques publiques (FIIAPP).

 

Au cours des sessions techniques, le Comité de pilotage a examiné les avancées significatives enregistrées dans les cinq Objectifs spécifiques du projet au cours de sa première année de mise en œuvre. Parmi les progrès notables figure la mise en place de mécanismes de coordination entre le Centre national de coordination des mécanismes de réponse du Ghana (NCCRM) et le Conseil national pour la paix, afin de prévenir les risques de propagation de l’extrémisme violent.

 

Dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité, le projet a permis la mise à jour du cadre de Réforme et Gouvernance du Secteur de la Sécurité de la CEDEAO (SSRG) et a facilité des échanges d’apprentissage entre parlements des États membres visant à renforcer le contrôle démocratique.

 

Des progrès ont également été réalisés dans la modernisation des processus électoraux, notamment à travers des formations spécialisées destinées aux directeurs des technologies de l’information et de la communication sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans la gestion des élections, ainsi que la conduite de missions exploratoires relatives aux transitions démocratiques au Bénin et en Gambie.

La réunion a également mis en lumière les avancées enregistrées dans le cadre de l’agenda Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité (WYPS), notamment l’appui apporté à l’élaboration de Plans d’action nationaux en Sierra Leone et au Nigéria, ainsi que le renforcement des capacités des réseaux régionaux de femmes.

 

La collaboration avec les Centres régionaux d’excellence, tels que le National Defence College (NDC) et le Kofi Annan International Peacekeeping Training Centre (KAIPTC), a également été saluée pour leur contribution à l’élaboration de programmes de formation sur l’intégration de la dimension genre et la protection des civils.

 

Le Comité de pilotage a procédé à l’adoption formelle du plan de travail EPSG pour 2026, couvrant des domaines thématiques clés tels que la prévention des conflits, la réforme du secteur de la sécurité, la gestion des processus électoraux, l’agenda Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité ainsi que la coopération entre les centres de formation d’excellence de la CEDEAO.

 

Le plan de travail prévoit également de nouvelles initiatives, notamment le soutien à la Radio de la CEDEAO pour lutter contre la désinformation dans la région et la finalisation du Rapport régional 2026 sur les Femmes, la Paix et la Sécurité.

La réunion s’est achevée par l’adoption de recommandations opérationnelles et par un appel à maintenir une certaine flexibilité dans la mise en œuvre du projet afin de répondre efficacement à l’évolution du contexte sécuritaire en Afrique de l’Ouest.

 

À l’issue des travaux officiels, les participants effectueront le 12 mars 2026 des visites de partenaires à Accra, afin d’observer sur le terrain l’impact des interventions stratégiques soutenues par le projet.

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