LES PARTIES PRENANTES DE LA CEDEAO APPELLENT À UNE ACCÉLÉRATION DU COMMERCE, DE L’INTÉGRATION ÉCONOMIQUE ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE EN AFRIQUE DE L’OUEST
12 Mar, 2026La Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réuni des représentants des États membres, du secteur privé, de la société civile et du monde universitaire pour discuter de « l’avenir du commerce régional, de l’intégration économique et du développement durable en Afrique de l’Ouest » du 3 au 6 mars 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Dans son discours d’ouverture, S.E. Adama Dosso, ministre délégué chargé de l’intégration africaine de la République de Côte d’Ivoire, a souligné les progrès réalisés par CEDEAO, tout en soulignant les défis structurels qui continuent d’entraver une intégration régionale plus profonde. Il a appelé à la suppression des barrières non tarifaires, à la numérisation des documents et des procédures, à la promotion de l’industrialisation, à un investissement accru dans les infrastructures, ainsi qu’à la mise en place de cadres de suivi et d’évaluation solides pour soutenir la réalisation de la Vision 2050 de la CEDEAO.
Dans son discours liminaire, le Dr Mohamed Ibn Chambas, président du groupe de travail sur le programme de libéralisation des échanges de la CEDEAO (ETLS), a également salué les réalisations de la Communauté au cours des cinq dernières décennies, mais a noté que le commerce intra-régional restait inférieur à 15 %. Il a appelé à mettre davantage l’accent sur l’industrialisation, la valeur ajoutée, le financement de l’agriculture et l’emploi des jeunes. Exhortant les délégués à dépasser les cadres théoriques, il les a invités à quitter la réunion avec des recommandations concrètes et réalisables qui traduisent l’intégration régionale d’une aspiration en une réalité mesurable et tangible.
Dans son allocution, Dr Kalilou Sylla, Commissaire aux affaires économiques et à l’Agriculture de la CEDEAO, a fait remarquer que plusieurs États membres de la CEDEAO figurent parmi les économies les plus dynamiques au monde, et que, compte tenu des trajectoires de croissance actuelles et des prévisions à long terme, certains pourraient se classer parmi les 20 premières économies au cours des 50 à 70 prochaines années. Il a appelé toutes les parties prenantes à jouer un rôle actif dans ce processus.
Au cours de leurs délibérations, les participants ont reconnu les progrès accomplis dans la promotion de l’intégration régionale, tout en exprimant leur préoccupation face aux défis mondiaux et régionaux croissants auxquels la région est confrontée, tels que le changement climatique, les tensions géopolitiques, les mesures commerciales unilatérales, les conflits mondiaux et la concurrence croissante pour les ressources minérales essentielles. Ils ont en outre noté les pressions régionales croissantes résultant de l’insécurité, des pénuries alimentaires, de l’inflation, de la transhumance, de la sécheresse et de l’épuisement progressif des ressources en eau.
Les participants à la réunion se sont déclarés préoccupés par le fait que, plus de cinq décennies après la création de la CEDEAO, l’objectif d’un marché commun régional pleinement opérationnel n’ait toujours pas été atteint. Si le régime d’exemption de visa constitue une étape importante dans la facilitation de la mobilité au sein de la Communauté, les protocoles relatifs à la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux n’ont pas encore été pleinement mis en œuvre. Les délégués ont donc appelé à la suppression urgente des barrières tarifaires et non tarifaires au commerce intrarégional et à l’accélération du déploiement et de la mise en œuvre effective des systèmes douaniers numériques, notamment SIGMAT et les certificats d’origine électroniques, afin de faciliter les échanges commerciaux.
Les participants ont en outre noté les reports répétés de la mise en place de la monnaie unique de la CEDEAO, soulignant la nécessité de redonner de l’élan à l’intégration monétaire et de développer des systèmes de paiement numériques interopérables.
La réunion a souligné la nécessité d’une plus grande inclusion des jeunes et des femmes dans l’intégration régionale, notant leur sous-représentation dans les politiques et la prise de décision alors qu’ils constituent la majorité de la population. À cet égard, les délégués ont souligné l’importance de renforcer le soutien aux petits et moyens commerçants transfrontaliers, d’améliorer les mécanismes de protection aux postes frontaliers et de favoriser un engagement plus profond avec la société civile comme mesures essentielles pour promouvoir une intégration régionale plus inclusive.
Les participants ont exprimé leur préoccupation face à la dégradation de l’environnement et à la sécurité alimentaire, appelant à un renforcement de la coopération agricole, à des pratiques intelligentes face au climat et à des mécanismes de financement agricole plus solides.
Une table ronde spéciale, animée par S.E. Mme Sandra Isabelle FOLQUET, chef de la représentation nationale de la Côte d’Ivoire auprès de la CEDEAO, a réuni plusieurs intervenants de haut niveau de Côte d’Ivoire, représentant le gouvernement, le secteur privé et la société civile, ainsi qu’un représentant de la Commission de la CEDEAO, qui ont partagé les succès et les défis de l’intégration régionale du point de vue de la Côte d’Ivoire.
En conclusion, les délégués ont appelé la CEDEAO à passer des protocoles et des politiques aux résultats, soulignant la nécessité d’une volonté politique renforcée, d’une participation accrue des citoyens et d’actions concrètes afin d’apporter des avantages tangibles aux plus de 400 millions d’habitants de la région.