Les experts balisent le chemin pour la réunion du comité de pilotage du projet de l’autoroute du Corridor Abidjan-Lagos
18 Dec, 2025Les experts du projet de développement de l’autoroute du corridor Abidjan-Lagos, à travers la 22ème réunion de leur Comité, ouverte le mardi 16 décembre 2025 à Lomé, au Togo, auront à partager les résultats de diverses études techniques réalisées, les options de conception retenues et le modèle de financement pour chacun des quinze (15) lots de concession de cette autoroute supranationale.
La rencontre sera également l’occasion pour eux de présenter la finalisation de l’étude-cadre de facilitation du commerce et du transport pour cette autoroute, avec un ensemble de mesures concrètes à mettre en œuvre à court, moyen et long terme afin d’assurer la fluidité de la circulation des biens et des personnes le long du corridor.
Il est aussi prévu un exposé sur le potentiel économique de la région et les propositions de libérer et de réaliser ce potentiel à travers l’étude sur les initiatives de développement spatial de la zone d’influence du corridor qui s’étend sur près de 100 km autoroute de l’autoroute. Cette étude fait ressortir près de 206 projets groupés en vingt-six (26) clusters qui se composent de projets d’ancrage, d’infratsructures stratégiques et de projets de densification des transports et d’approfondissement de l’économie. Ces activités seront commercialisées auprès des investisseurs et développées conjointement avec l’autoroute Abidjan-Lagos, grâce à des liaisons et des plateformes logistiques.
Pour le directeur des Transports de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Christian Appiah, ces études et de nombreuses autres mesures de gouvernance des transports adoptées au niveau régional, démontrent clairement que les Etats membres du corridor, avec l’appui de l’organisation régionale et de la Banque africaine de développement (BAD), disposent d’une feuille de route précise pour faire de la route Abidjan-Lagos un axe de développement économique majeur pour la région.
Au nom du président de la Commission de la Cédéao, Dr Omar Alieu Touray, il a exhorté les partenaires techniques et financiers à se mobiliser pour soutenir l’organisation régionale et les cinq Etats du corridor Abidjan-Lagos dans la réalisation de ce projet de développement visionnaire et novateur.
Il s’est réjoui de la recommandation du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cédéao, tenu le 14 décembre 2025, à Abuja, au Nigeria, invitant ces partenaires à soutenir les projets de développement du corridor de la Cédéao et de ses Etats membres. Outre les différentes présentations, la mise en place du Conseil d’administration de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA), structure chargée de construire, de gérer et d’exploiter l’autoroute pour le compte des Etats du corridor figure aussi au menu de la réunion.
Procédant à l’ouverture de la réunion, l‘ingénieur Ebere Izunobi, directeur par intérim de la Planification des routes au ministère fédéral des Travaux publics du Nigeria, a invité les participants à prendre en compte tous les détails du projet, principalement l’aspect financier de celui-ci, dans la formulation de leurs recommandations, lesquelles seront soumises, le 19 décembre 2025, toujours dans la capitale togolaise, à l’attention du Comité directeur des ministres des Transports, afin de permettre le lancement de la phase d’exécution du projet de développement de l’autoroute du corridor Abidjan-Lagos.
Cette autoroute, faut-il l’indiquer, est un projet d’infrastructure routière majeur en Afrique de l’Ouest. Longue de 1 028 kilomètres, elle draine 75% des activités commerciales de l’Afrique de l’Ouest et relie la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria. D’un coût est estimé à environ 14,7 milliards de dollars américains, cette autoroute devrait être financée par un modèle mixte de financement public-privé.
La mise en oeuvre de cette autoroute marquera une étape importante dans le domaine de l’intégration régionale dans l’espace Cédéao. La réalisation de cette infrastructure routière représentera un élément essentiel de la stratégie plus large de la Cédéao visant à faciliter la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire, à renforcer la coopération commerciale, à réduire les coûts de transport, à promouvoir le développement économique et à stimuler le commerce regional.