Les ministres de la CEDEAO examinent le programme stratégique visant à approfondir l’intégration régionale, à renforcer la gouvernance et à améliorer la résilience économique
11 Dec, 2025Les ministres des Affaires étrangères de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont réunis à Abuja, au Nigeria, le 10 décembre 2025, pour la 95e session ordinaire du Conseil des ministres de la CEDEAO. Cette réunion de trois jours permettra d’examiner des mémorandums essentiels visant à renforcer les structures de gouvernance, à accélérer l’intégration régionale et à stimuler le développement économique durable en Afrique de l’Ouest.
Le Conseil évaluera et approuvera le programme de travail et le budget 2026 des institutions de la CE-DEAO, examinera la situation financière de la Communauté, évaluera la mise en œuvre du protocole relatif à la contribution financière à la CEDEAO et examinera les rapports du vérificateur général et du comité d’audit. Ces délibérations devraient améliorer la transparence institutionnelle, renforcer les mécanismes de responsabilité et favoriser la bonne gouvernance dans toute la Communauté.
Conformément aux priorités régionales, les ministres examineront également des mémorandums clés sur la résilience régionale, l’intégration monétaire et la mobilisation des ressources pour la mise en place de la Force antiterroriste de la CEDEAO. En outre, le Conseil examinera les résolutions cruciales du Conseil d’administration de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), réaffirmant l’engagement de l’organisation à approfondir la coopération financière et la stabilité dans les États membres.
Dans son discours d’ouverture, S.E. Dr Omar Alieu Touray, président de la Commission de la CEDEAO, a souligné une étape importante dans l’évolution du Conseil des affaires de la CEDEAO. Il a annoncé la sélection du célèbre industriel Alhaji Aliko Dangote comme premier président du Conseil, reconnaissant son leadership exceptionnel dans la promotion de la croissance du secteur privé dans toute la sous-région.
M. Touray a souligné que le Conseil des entreprises de la CEDEAO servirait de plateforme dynamique pour le dialogue entre le secteur privé, les gouvernements des États membres et les institutions de la CEDEAO, garantissant ainsi que les contributions du secteur privé jouent un rôle central dans l’élaboration du programme économique régional. « Alors que la CEDEAO célèbre son 50e anniversaire, l’organisation positionne le Conseil comme un catalyseur de la croissance tirée par le secteur privé, des investissements intrarégionaux et de la résilience face aux chocs économiques mondiaux », a-t-il ajouté.
Le président de la Commission de la CEDEAO a également souligné la dynamique croissante en faveur des investissements intrarégionaux. La Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Sénégal ont récemment accueilli d’importants forums régionaux et continentaux sur l’investissement, tandis que la Sierra Leone a soumis une proposition pour accueillir un sommet sur l’investissement économique en Afrique de l’Ouest. Ces développements, a-t-il déclaré, reflètent un appétit croissant pour la mobilisation des capitaux régionaux afin de faire progresser le développement et de réduire la dépendance vis-à-vis des financements extérieurs.
« En donnant les moyens d’agir à des investisseurs régionaux tels qu’Alhaji Dangote et en créant des conditions propices à l’engagement du secteur privé, la CEDEAO vise à ouvrir de nouvelles voies pour une croissance durable et une prospérité partagée », a ajouté M. Touray.
Dans son discours de bienvenue, S.E. l’ambassadrice Bianca Odumegwu-Ojukwu, ministre d’État nigé-riane aux Affaires étrangères, a souligné le vaste programme du Conseil, qui couvre l’intégration économique, la paix et la sécurité, les affaires humanitaires, l’agriculture, les réformes de la gouvernance et le renforcement des institutions. Elle a insisté sur le fait que les résultats de cette session alimenteraient les recommandations présentées à l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement et contribueraient à façonner la prochaine phase d’intégration de la région.
L’ambassadrice Odumegwu-Ojukwu a également réaffirmé la nécessité d’une gouvernance inclusive, d’un commerce intrarégional plus intense et d’opportunités accrues pour les plus de 400 millions de citoyens de la région, dont 65 % ont moins de 25 ans.
Le président du Conseil et ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone, M. Timothy Kabba, a appelé à une coopération approfondie entre les États membres afin de faire face aux défis persistants en matière de sécurité, d’économie et de gouvernance. Il a condamné les récentes troubles politiques en République du Bénin et en Guinée-Bissau, soulignant la nécessité d’un engagement sans faille en faveur de l’ordre constitutionnel.
« Les actes qui sapent la gouvernance démocratique menacent le tissu même de notre Communauté. Nos réponses rapides et coordonnées démontrent notre détermination à maintenir la paix et la stabilité », a déclaré M. Kabba.
« Nous devons honorer la vision de nos ancêtres qui ont jeté les bases d’une communauté fondée sur la coopération, l’unité et le progrès collectif. »
La CEDEAO a réaffirmé sa confiance dans la capacité du Conseil à s’acquitter de son mandat avec sagesse, dévouement et dans un esprit de collaboration qui caractérise depuis longtemps l’organisation. La Communauté attend des décisions concrètes et tournées vers l’avenir qui renforceront l’efficacité institutionnelle et la confiance du public dans le projet d’intégration de la CEDEAO.
Alors que la CEDEAO entre dans son prochain demi-siècle, l’organisation reconnaît à la fois les progrès accomplis et les défis complexes qui persistent, notamment l’instabilité politique, les changements anticonstitutionnels de gouvernement et les déficits en matière de gouvernance inclusive dans certains États membres. Néanmoins, la CEDEAO reste déterminée dans son engagement à construire une région plus résiliente, plus pacifique et plus prospère.
La Communauté appelle toutes les parties prenantes à réaffirmer leurs valeurs communes, à consolider les acquis obtenus de haute lutte et à renouveler leur engagement en faveur d’une Afrique de l’Ouest caractérisée par la stabilité, les opportunités économiques et le développement durable pour les générations à venir.