La CEDEAO ambitionne d’intégrer son indice de sécurité humaine dans son architecture de paix et de sécurité
18 Nov, 2025La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a officiellement lancé l’atelier technique sur l’intégration de son Indice de sécurité humaine (ISHC) dans l’Architecture de paix et de sécurité de la CEDEAO (APSC), le lundi 17 novembre 2025, à Lagos, au Nigeria. La Directrice de l’Alerte précoce par intérim de la Commission de la CEDEAO, Dr. Onyinye Onwuka, a présenté l’ISHC comme un outil robuste et multidimensionnel d’évaluation et de suivi de l’évolution de la sécurité humaine dans les États membres de l’Organisation régionale.
Intervenant au nom de la Vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Mme Damtien Larbli Tchintchibidja, Dr. Onyinye Onwuka a insisté sur l’importance d’une collaboration institutionnelle renforcée afin de consolider la sécurité humaine et de promouvoir un développement durable dans la région ouest-africaine. Elle a également souligné la nécessité de consolider les progrès techniques réalisés en vue de garantir une intégration harmonieuse de l’ISHC dans les mécanismes de prévention et de réponse de la CEDEAO.
Pour Dr. Onyinye Onwuka, cet atelier marque une étape importante dans la phase de pré-finalisation de l’ISHC, une initiative conçue par la direction de l’Alerte précoce et qui s’articule autour de cinq secteurs thématiques : le crime et la criminalité, la santé, l’environnement, la sécurité, ainsi que la gouvernance et les droits humains.
Cet atelier de trois (3) jours a pour objectifs non seulement de renforcer l’ancrage conceptuel et l’intégration opérationnelle de l’ISHC et de l’APSC, mais aussi de permettre aux participants d’affiner les indicateurs de l’indice. Les discussions porteront sur l’interopérabilité de l’indice avec les instruments existants, en particulier ECOWARN, le Cadre de Prévention des Conflits de la CEDEAO (CPCC/ECPF) et le Conseil de Médiation et de Sécurité (CMS/MSC).
L’atelier a réuni des experts des institutions et agences spécialisées de la CEDEAO, ainsi que des partenaires techniques et stratégiques, notamment Afrobarometer, UNOWAS et WANEP. Les résultats attendus de la rencontre portent sur une compréhension partagée et documentée de la manière dont les indicateurs d’alerte précoce renforcent l’architecture de paix et de sécurité existante. Il est également espéré de l’atelier l’élaboration d’une feuille de route pratique définissant les étapes pour intégrer l’ISHC dans les mécanismes de paix et de sécurité de la CEDEAO.
Prenant part à cet atelier, le conseiller politique principal et chef de Cellule de liaison du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel près la CEDEAO, James Aji, a salué l’initiative de l’Organisation régionale d’associer sa structure à ce projet.
Il a réitéré l’engagement des Nations Unies à accompagner la finalisation de ce projet, notamment en ce qui concerne sa mise en œuvre.
« Nous sommes convaincus que ce projet, une fois finalisé, contribuera sans doute à la stabilisation de l’environnement de paix et de sécurité de l’Afrique de l’Ouest, sachant que cette région joue un rôle crucial en ce qui concerne les affaires continentales, et que l’Afrique joue un rôle central dans le monde », a affirmé James Aji.
Il faut noter que cet atelier fait suite à d’autres rencontres tenues auparavant sur l’Indice de sécurité humaine. En novembre 2024, la direction de l’Alerte précoce avait organisé une session technique interne, afin de renforcer les fondements méthodologiques et la collaboration entre différentes structures dans le cadre du développement de l’Indice.
Les 24 et 25 mars 2025, à Lomé, au Togo, une réunion consultative avait examiné les fondements conceptuels, passé en revue les indicateurs préliminaires et souligné la nécessité d’une appropriation nationale et d’une clarification méthodologique.