La commission de la CEDEAO et ses partenaires concluent les consultations sur la jeunesse, la paix et la sécurité au Sénégal
30 Sep, 2025La Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en collaboration avec ses partenaires, a conclu une série de consultations régionales au Sénégal pour faire avancer l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS). Les réunions, qui ont débuté à Matam et se sont poursuivies à Tambacounda, se sont achevées à Kédougou le 27 septembre 2025, ouvrant la voie à l’élaboration et à l’adoption du Plan d’Action National (PAN) pour la Jeunesse du Sénégal.
Dans son intervention, le Gouverneur de Tambacounda, M. Guedj Diouf, a exprimé le soutien de sa région au processus, soulignant que les jeunes vivant dans les communautés frontalières sont à la fois vulnérables aux risques transfrontaliers et au cœur de la recherche de solutions durables. De même, la Gouverneure de Kédougou, Mme Miriama Traoré, a mis en avant la nécessité d’une sensibilisation continue des jeunes à la gouvernance participative et à l’autonomisation, en insistant sur le fait que l’initiative JPS de la CEDEAO complète les efforts du gouvernement national visant à impliquer les jeunes en tant que champions de la paix et de la sécurité.
Les consultations ont comporté des sessions thématiques animées par l’Association pour la Promotion du Leadership des Jeunes Femmes et Filles (APELJFF), avec le soutien actif de M. Babacar Sall du Ministère du Développement de la Jeunesse. Ces sessions ont permis d’identifier plusieurs défis pressants, notamment le chômage élevé des jeunes et le manque d’opportunités économiques entraînant la migration irrégulière, l’accès insuffisant à une éducation de qualité et à la formation professionnelle, l’insécurité transfrontalière, les mariages précoces et forcés, l’accès limité aux services de santé reproductive, ainsi que les normes socioculturelles qui restreignent la participation et le leadership des jeunes.
D’autres préoccupations ont été soulevées, telles que la faible inclusion politique, l’exclusion économique due à l’insuffisance des infrastructures et à la faible intégration dans les chaînes de valeur agricoles, l’exposition au recrutement par des groupes armés, la frustration face au manque d’opportunités d’emploi malgré la présence d’industries minières à Kédougou, ainsi que la dégradation de l’environnement et les conflits fonciers affectant l’agriculture et l’exploitation minière artisanale. Les jeunes ont également été sensibilisés au potentiel des start-up pour soutenir leurs entreprises et leurs innovations.
Le processus JPS au Sénégal est soutenu par les autorités à travers une Task Force nationale (NTF) et un Comité de pilotage chargés de superviser la validation. Les participants comprenaient des représentants de la jeunesse, des organisations, des étudiants, des personnes handicapées et des praticiens du service communautaire.
Avec l’appui de l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité (APSA) à travers le Fonds de la Paix de la CEDEAO, et le soutien technique du Réseau Ouest-Africain pour l’Édification de la Paix (WANEP), la Commission de la CEDEAO accompagnera également les processus JPS en Sierra Leone, au Ghana et au Togo. À ce jour, seuls huit pays africains ont finalisé et adopté leur PAN-JPS : le Nigéria, la République Démocratique du Congo, le Burundi, le Malawi, la Gambie, le Libéria, le Cameroun et le Soudan du Sud.