

Le Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC) et la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) publient conjointement ce communiqué à l’issue de la visite officielle de M. Adedeji Ebo, Directeur et Adjoint au Haut Représentant pour les Affaires de Désarmement des Nations Unies (UNODA), au siège de la CEDEAO à Abuja, au Nigéria. Pour rappel, l’UNREC est le centre régional de l’UNODA pour l’Afrique.
Cette visite a réaffirmé le soutien indéfectible des Nations Unies aux mécanismes régionaux en faveur de la paix, de la sécurité, du développement et du contrôle des armements en Afrique de l’Ouest. Elle marque une étape importante dans le renforcement de la collaboration entre l’UNODA – via l’UNREC – et la CEDEAO dans les domaines du désarmement, du contrôle des armes et des priorités régionales en matière de paix et de sécurité, en vue d’instaurer une culture de la paix.
Au cours de sa visite, M. Ebo a mené des consultations stratégiques avec le Président de la CEDEAO, S.E. Dr Omar Alieu Touray, le Commissaire aux Affaires politiques, à la paix et à la sécurité, S.E. Ambassadeur Dr Abdel-Fatau Musah, ainsi qu’avec les hauts responsables du département concerné. Les discussions ont porté sur la révision du protocole d’accord CEDEAO-UNODA de 2009 afin de l’aligner sur les défis actuels de paix et de sécurité dans la sous-région. Les sujets abordés comprenaient la mise en œuvre de la Convention de la CEDEAO sur les armes légères et de petit calibre (ALPC), ainsi que les menaces persistantes et émergentes : flux illicites d’armes, engins explosifs improvisés (EEI), cybersécurité, intelligence artificielle, drones et systèmes d’armes autonomes.
La visite a également été marquée par un atelier stratégique régional conjoint UNREC–CEDEAO sur l’intégration du genre dans le contrôle des ALPC en Afrique de l’Ouest. Cet atelier visait à sensibiliser et renforcer les capacités des pays de la région pour mieux prendre en compte les enjeux spécifiques liés au genre dans la lutte contre la prolifération des ALPC, tout en encourageant la participation des jeunes.
L’UNREC et la CEDEAO ont convenu d’envisager une reconfiguration stratégique de la Division des armes légères de la CEDEAO, afin d’élargir son champ d’action au-delà des seules ALPC. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à renforcer les cadres et initiatives régionaux – notamment la Convention de la CEDEAO sur les ALPC, le Protocole de Nairobi, et l’initiative de l’Union africaine « Faire taire les armes » – à travers une meilleure coordination et un appui technique accru. Elles ont également convenu d’apporter une assistance ciblée aux acteurs nationaux, en utilisant les outils existants et en les adaptant aux réalités locales pour le contrôle des armes et des munitions, l’éducation au désarmement, et l’accès à des programmes de renforcement des capacités.
M. Ebo a salué le leadership de la CEDEAO en matière de promotion de la paix et du désarmement dans la région, et a réitéré l’engagement de l’UNODA à soutenir les États membres dans le renforcement de leurs capacités techniques, leurs cadres juridiques, ainsi que dans l’élaboration de politiques inclusives et fondées sur des données probantes.
En tenant compte des récents développements sécuritaires dans la région, M. Ebo et le Dr Abdel-Fatau Musah ont renouvelé leur engagement à mettre en œuvre de manière efficace la Convention de la CEDEAO sur les ALPC, notamment les dispositions relatives à la coopération transfrontalière, à l’harmonisation des législations et aux mécanismes de suivi régional. Le Dr Musah a évoqué l’expansion du terrorisme, les violences intercommunautaires et le banditisme comme des phénomènes qui justifient une intensification du contrôle des armes dans la région.
L’UNODA a exprimé sa disponibilité à soutenir, via l’UNREC, une révision de la Convention de la CEDEAO sur les ALPC pour qu’elle reflète les nouvelles menaces sécuritaires. Cela comprend notamment :
• la lutte contre le trafic de munitions,
• l’adoption du cadre mondial de gestion continue des munitions (GFA),
• la militarisation des technologies de l’information et de la communication (TIC),
• les flux d’armes facilités par le cyberespace,
• et les défis posés par les technologies émergentes dans les systèmes d’armement.
Les parties ont convenu de renforcer leurs opérations conjointes et de développer des stratégies innovantes pour intégrer le désarmement dans les agendas plus larges de consolidation de la paix et de développement durable en Afrique de l’Ouest.
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