LES MINISTRES DE L’INTÉRIEUR DES ÉTATS MEMBRES DE LA CEDEAO S’ENGAGENT EN FAVEUR D’UNE GOUVERNANCE HARMONISÉE DES MIGRATIONS ET D’UNE GESTION INTÉGRÉE DES FRONTIÈRES.
10 Mai, 2026La Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), par l’intermédiaire de sa Direction de la libre circulation des personnes, des migrations et du tourisme, a organisé avec succès la réunion du Dialogue sur les migrations en Afrique de l’Ouest (MIDWA) des ministres chargés de l’Intérieur, de l’Immigration et de la gestion des frontières, le 29 avril 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Cette réunion de haut niveau a marqué une étape décisive dans l’obtention d’une adhésion politique et d’un soutien aux recommandations stratégiques élaborées au cours des deux dernières années à l’issue de consultations techniques approfondies et d’évaluations régionales.
La réunion s’est appuyée sur une série d’échanges techniques réunissant des experts nationaux et des groupes de travail techniques, qui ont porté sur les piliers essentiels que sont la gestion des frontières, les migrations et la mobilité humaine dans le contexte du changement climatique. Ces travaux préparatoires ont été affinés par les responsables de l’immigration des États membres de la CEDEAO et complétés par des évaluations régionales validées concernant la gestion des frontières, la collecte de données sur les migrations, ainsi que les migrations, l’environnement et le changement climatique, menées dans le cadre du programme FMM II. L’objectif principal de cette réunion ministérielle était de traduire ces résultats techniques en plans de travail nationaux et régionaux concrets.
Lors de la séance d’ouverture, le général Vagando Diomande, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité de la République de Côte d’Ivoire, a souhaité la bienvenue aux délégations au nom du président Alassane Ouattara. Il a réaffirmé l’engagement régional en faveur du Protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes et a souligné que des frontières modernes et sécurisées sont essentielles pour faciliter la mobilité légitime des personnes, tout en luttant contre des menaces telles que la traite des êtres humains et la criminalité organisée.
Le Dr Kalilou Sylla, commissaire de la CEDEAO chargé des affaires économiques et de l’agriculture, représentant le président de la Commission de la CEDEAO, a également souligné l’importance de la carte d’identité biométrique nationale de la CEDEAO (ENBIC) en tant que pilier de la sécurité régionale et de l’interopérabilité, précisant que sept États membres – le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Ghana, la Gambie, le Bénin, la Sierra Leone et le Nigeria – ont déjà mis en place ce document de voyage, qui remplace le certificat de voyage manuscrit.
L’un des principaux résultats de ces délibérations a été l’adoption officielle de la stratégie et du plan d’action en matière de gestion des frontières. Les ministres se sont mis d’accord sur plusieurs actions prioritaires, notamment la mise en place d’une plateforme intégrée reliant les systèmes d’information sur la gestion des frontières tels que MIDAS et PISCES afin d’améliorer le stockage des données et l’interopérabilité. Surtout, les ministres ont fait part de leur engagement à collaborer afin de garantir l’acceptation mutuelle de la carte à toutes les frontières aériennes, terrestres et maritimes d’ici décembre 2026.
Afin d’assurer la pérennité de ces initiatives, les ministres ont recommandé aux États membres d’affecter une partie des recettes générées par leurs services d’immigration à la mise en œuvre de leur stratégie régionale de gestion des frontières. Ils ont également appelé à un recensement complet des centres de formation existants afin de mettre en place des programmes spécialisés destinés aux agents des services frontaliers de toute la région.