

Le Premier Forum Régional de l’Eau en Afrique de l’Ouest (FREAO), organisé par la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en partenariat avec l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et le Comité Permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), s’est achevé à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 25 septembre 2026, avec l’adoption de la Déclaration d’Abidjan et d’une feuille de route régionale commune visant à renforcer la sécurité hydrique, la résilience climatique et le développement durable en Afrique de l’Ouest.
Placée sous le thème « Valoriser l’eau pour transformer l’Afrique de l’Ouest », cette première édition du Forum a réuni des Chefs de Gouvernement, des ministres, des institutions régionales, des organisations de bassins transfrontaliers, des partenaires au développement, des représentants du monde académique, du secteur privé, de la jeunesse et de la société civile afin de définir une vision régionale commune pour la gouvernance, le financement et la gestion durable des ressources en eau. Les participants ont réaffirmé que l’eau constitue un atout stratégique pour le développement humain, la sécurité alimentaire, la production énergétique, la santé publique, la durabilité environnementale, la transformation économique et l’intégration régionale, soulignant son importance centrale dans la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, de la Vision 2050 de la CEDEAO et des Objectifs de Développement Durable.
Ouvrant les travaux du Forum au nom du Gouvernement de la Côte d’Ivoire, le Premier Ministre, S.E. Robert Beugré Mambé, a appelé à un renforcement de la solidarité régionale dans la gestion des ressources en eau partagées, soulignant que la gouvernance de l’eau est avant tout un choix politique fondé sur la confiance, la coopération et la responsabilité collective des États. Le Ministre ivoirien des Eaux et Forêts, S.E. Jacques Assahoré Konan, a plaidé pour une mobilisation accrue des financements en faveur des solutions intégrées dans le secteur de l’eau, notamment à travers les financements climatiques, les partenariats public-privé et les projets bancables. Il a également insisté sur la nécessité d’assurer la participation effective des femmes, des jeunes et des communautés vulnérables à la gouvernance de l’eau.
S’exprimant au nom du Président de la Commission de la CEDEAO, S.E. le Général Birame Diop, le Commissaire chargé des Infrastructures, de l’Énergie et de la Digitalisation, l’Honorable Amin Amidu Sulemani, a qualifié le thème du Forum d’appel régional à l’action, soulignant que la sécurité hydrique est indissociable de la sécurité alimentaire, de l’accès à l’énergie, de la résilience climatique, de la paix et de la stabilité régionale. Le Président du Conseil des Ministres Africains de l’Eau (AMCOW) et Ministre de l’Eau et de l’Assainissement du Sénégal, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a pour sa part mis en relation les conclusions du Forum avec la mise en œuvre de la Vision Africaine de l’Eau et les préparatifs de la Conférence des Nations Unies sur l’Eau prévue en décembre 2026 à Abou Dhabi.
Représentant le Président de la Commission de l’UEMOA, le Commissaire chargé de l’Agriculture, des Ressources en Eau et de l’Environnement, Mahamadou Gado, a souligné l’importance stratégique des ressources hydriques partagées en Afrique de l’Ouest et a appelé à la mise en place de mécanismes de financement innovants capables d’accélérer les investissements dans les infrastructures hydrauliques, l’adaptation au changement climatique et l’intégration régionale. Dr Abdoulaye Mohamadou, Secrétaire Exécutif du CILSS, a réaffirmé l’engagement de son institution à renforcer la coopération régionale dans la gestion durable des ressources en eau et à accroître la résilience face aux défis climatiques dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest.
Au nom du Groupe de la Banque Africaine de Développement, Mtchera Johannes Chirwa, Directeur du Département du Développement de l’Eau et de l’Assainissement, a attiré l’attention sur les pressions croissantes liées à la rareté de l’eau, à la dégradation de sa qualité et aux inondations induites par le changement climatique. Il a réaffirmé l’engagement de la Banque en faveur des programmes régionaux dans les domaines de l’eau et de l’assainissement et a appelé à reconnaître l’eau non seulement comme une nécessité sociale, mais également comme un moteur stratégique de croissance économique. Mme Fatouma Touré Ibrahima, Directrice Sectorielle Eau pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque mondiale, a réaffirmé la poursuite du partenariat de l’institution avec les gouvernements et organisations régionales, soulignant qu’investir dans l’eau revient à investir dans la sécurité alimentaire, la résilience, l’emploi, la transformation économique et la prospérité à long terme.
Souhaitant la bienvenue aux participants au nom de la communauté hôte, Dr Emmou Sylvestre, Maire de Port-Bouët, a mis en lumière le rôle central de l’eau dans les moyens de subsistance, la santé publique, les systèmes alimentaires et le développement économique, tout en rappelant la portée symbolique de l’organisation de ce premier Forum dans une commune dont l’identité est historiquement liée à l’eau. Kouakou Alexis KOUASSI, Directeur du Centre de Gestion des Ressources en Eau de la CEDEAO, ainsi que Bai-Mass Taal, Champion de la première édition du FREAO, ont également contribué activement aux échanges tout au long des deux journées de travaux.
À l’issue du Forum, les délégués ont adopté la Déclaration d’Abidjan sur la Sécurité Hydrique et le Développement Durable en Afrique de l’Ouest, articulée autour de cinq piliers stratégiques : le renforcement de la gouvernance de l’eau et de la coordination institutionnelle ; le renforcement de la sécurité hydrique et de la résilience climatique ; la mobilisation de financements durables ; la promotion de l’innovation, des connaissances et des technologies ; et la participation effective des femmes, des jeunes et des communautés locales à la gestion des ressources en eau.
Afin d’assurer une mise en œuvre efficace des engagements pris, les participants ont approuvé la création d’un Comité Régional de Suivi composé de représentants de la CEDEAO, de l’UEMOA, du CILSS, des organisations de bassins transfrontaliers, de la société civile, des organisations de femmes et de jeunes ainsi que des partenaires techniques et financiers. Ce mécanisme sera chargé de coordonner la mise en œuvre, d’assurer le suivi-évaluation et d’orienter une feuille de route opérationnelle régionale appuyée par des indicateurs de performance mesurables. Le Forum a également approuvé la création d’un Groupe de Travail Spécialisé sur les Négociations, chargé d’appuyer la participation de l’Afrique de l’Ouest aux négociations internationales sur l’eau et le climat, ainsi que la publication d’un Rapport Biennal sur l’État de l’Eau en Afrique de l’Ouest, destiné à évaluer les progrès réalisés par les États membres et les institutions régionales dans la mise en œuvre de la Déclaration d’Abidjan.
Dans son allocution de clôture, l’Honorable Amin Amidu Sulemani a souligné que les mécanismes institutionnels adoptés lors du Forum permettront de renforcer la coordination, le suivi et l’harmonisation des actions liées à l’eau dans l’ensemble de la région. Il a indiqué que les efforts conjoints des organisations régionales, des autorités de bassin, des institutions techniques et des partenaires au développement contribueront à harmoniser les législations et politiques nationales, à améliorer les cadres de gouvernance et à accélérer la réalisation des objectifs du Forum. Réaffirmant que l’eau demeure au cœur de toutes les dimensions de la vie humaine et du développement socio-économique, il a appelé à une collaboration soutenue afin de transformer les engagements en résultats concrets au bénéfice des populations ouest-africaines.
Dans une décision largement saluée par les participants, le Forum a désigné la République du Cabo Verde comme pays hôte du Deuxième Forum Régional de l’Eau en Afrique de l’Ouest, réaffirmant ainsi la volonté de la région de maintenir un dialogue politique de haut niveau et de faire progresser l’action collective en faveur d’une Afrique de l’Ouest plus sûre sur le plan hydrique, plus résiliente face au changement climatique et plus prospère.
La Déclaration d’Abidjan a été officiellement adoptée le 25 septembre 2026 à Abidjan, Côte d’Ivoire.
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