

Dans le cadre d’un mois d’activités commémorant le 20éme anniversaire de l’adoption de la politique de reconstruction et de développement post-conflit de l’Union africaine, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS-UA) a tenu une séance publique au cours de laquelle les membres du Conseil de paix et de sécurité, les États membres de l’Union africaine, les communautés économiques régionales et les partenaires se sont réunis pour partager leurs expériences concernant la mise en œuvre de la politique de reconstruction et de développement post-conflit (PCRD). La séance s’est tenue le 2 novembre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, sous la présidence de la Côte d’Ivoire, qui assurait la présidence du Conseil de paix et de sécurité pour le mois de novembre.
S’exprimant au cours de la séance, le représentant permanent de la Commission de la CEDEAO auprès de l’Union africaine, M. Abdou Kolley, a informé le Conseil de paix et de sécurité que l’Afrique de l’Ouest était parvenue à passer d’une intervention militaire réactive à un modèle de sécurité humaine préventif et axé sur le développement, prouvant ainsi que la consolidation de la paix n’est pas une simple pause dans le conflit, mais un investissement continu dans la résilience économique.
Il a souligné qu’au cours des deux dernières décennies, la CEDEAO a été pionnière dans la mise en œuvre d’infrastructures de paix. De la stabilisation des transitions en Gambie et en Guinée-Bissau à la mise en œuvre de programmes globaux de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) au Libéria, ces interventions se sont éloignées des approches centrées sur les capitales.
Aujourd’hui, l’accent est mis sur le développement structurel, en s’attaquant plus particulièrement au chômage des jeunes, aux conflits transfrontaliers liés aux ressources et aux vulnérabilités socio-économiques dont tirent parti les groupes radicaux. La CEDEAO a mis en place une architecture dans laquelle la Force en attente de la CEDEAO et le système d’alerte précoce du Réseau d’alerte précoce et d’intervention de la CEDEAO (ECOWARN) agissent comme des remparts immédiats pour la stabilité régionale.
Alors que nous nous tournons vers la prochaine décennie dans le cadre de la Vision 2050 de la CEDEAO et de la Politique révisée de l’Union Africaine en matière de reconstruction et de développement post-conflit, nous devons faire face à un paysage sécuritaire en mutation qui exige une synergie institutionnelle plus étroite entre la CEDEAO et l’Union africaine.
Il a également évoqué deux lacunes critiques : La lacune en matière de réponse : les mécanismes d’alerte précoce sont techniquement solides, mais la réponse politique n’est souvent pas à la hauteur de leur rapidité. Et La lacune de financement souverain : nous restons dépendants de manière non viable de partenaires extérieurs. Nous devons collectivement rendre opérationnel le Fonds de la paix de la CEDEAO et utiliser pleinement le Fonds de la paix de l’Union africaine pour ancrer des solutions menées par l’Afrique.
En conclusion, il a appelé le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine à s’engager sur trois actions immédiates : harmoniser les relations entre l’Union africaine et la CEDEAO afin d’éliminer les doublons institutionnels et de rationaliser la répartition des tâches ; donner la priorité aux initiatives de consolidation de la paix décentralisées et prises en main par les communautés, axées sur les femmes et les jeunes ; et maintenir la solidarité institutionnelle pour pallier la fragmentation géopolitique dans la sous-région.
Il a conclu son intervention en exhortant l’auditoire à profiter de ce jalon marquant ces 20 ans non seulement pour célébrer, mais aussi pour institutionnaliser une résilience permanente.
Découvrez comment la CEDEAO transforme les communautés, les économies et la vie des citoyens d'Afrique de l'Ouest — à travers chaque histoire.