

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à travers sa Commission, en collaboration avec l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO), a ouvert ce lundi à Lomé la réunion du Comité des experts sur l’harmonisation des statistiques monétaires et financières. Prévue du 2 au 7 novembre 2026, cette rencontre vise à faire progresser l’harmonisation des méthodes de compilation et de présentation des statistiques monétaires et financières dans l’espace communautaire.
La cérémonie d’ouverture de cette réunion à laquelle, participent les responsables et experts chargés de l’élaboration des statistiques monétaires et financières au sein des banques centrales des États membres de la CEDEAO et des représentants de la Commission de la CEDEAO et de l’Agence monétaire ouest-africaine (AMAO), a été marquée par les interventions du Directeur général de l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO), du Commissaire de la CEDEAO chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture, du co-président du Comité des experts CEDEAO–AMAO et du représentant de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), président du Comité des experts CEDEAO–AMAO.
Dans son allocution de bienvenue, M. Boima S. KAMARA, Directeur général de l’AMAO, a dit que cet atelier représente une plateforme précieuse permettant aux experts de toute la région d’échanger leurs expériences, d’évaluer les lacunes existantes, d’identifier des solutions pratiques et de parvenir à une compréhension commune des mesures nécessaires pour améliorer la qualité et l’harmonisation des statistiques monétaires et financières. Il a insisté sur la bonne collaboration entre l’AMAO et la Commission de la CEDEAO qui constitue pour lui, un pilier essentiel des efforts visant à approfondir l’intégration monétaire dans la région.
S’exprimant au nom de M. Dehpue Yenpea ZUO, Commissaire chargé des Affaires économiques et de l’Agriculture, M. Samson Bel-Aube NOUGBODOHOUE, Directeur de la recherche et des statistiques à la Commission de la CEDEAO a rappelé le rôle stratégique des données statistiques dans la mise en œuvre des politiques communautaires. « Nous ne pouvons construire un avenir monétaire commun sur des systèmes statistiques fragmentés. L’harmonisation des statistiques monétaires et financières constitue une exigence stratégique pour l’avenir de notre Communauté et un préalable essentiel à la réussite de notre ambition d’intégration monétaire. », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le Coprésident du Comité des experts CEDEAO–AMAO, M. Augustine Ngombu, Responsable des statistiques monétaires et financières de la Banque centrale de Sierra Leone, a insisté sur la dimension technique et opérationnelle de la réunion. Il a invité les participants à examiner avec rigueur le projet de cadre régional de métadonnées, à partager les expériences nationales et à formuler des recommandations applicables. « Notre responsabilité est de faire en sorte que le cadre régional proposé réponde aux réalités des banques centrales et permette une production statistique plus harmonisée, plus complète et plus régulière », a-t-il dit.
Madame Fanta Sow Coulibaly, Directrice adjointe à la Direction de la Politique monétaire et des Relations internationales à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et Présidente du Comité conjoint d’experts CEDEAO–AMAO a, dans son discours, détaillé les quatre grands axes techniques de l’atelier et précisé les résultats concrets attendus. « Ces résultats devront fournir des orientations claires aux statisticiens chargés de l’établissement des données et une base opérationnelle pour le suivi aux niveaux national et régional. Leur portée dépendra, en définitive, de leur mise en œuvre effective, soutenue par une coopération continue, le renforcement des capacités et un suivi régulier. » a affirmé Madame Coulibaly qui a ensuite officiellement lancé les travaux de l’atelier.
Au cours de la réunion, les experts examineront et finaliseront le projet de cadre régional de métadonnées élaboré par l’AMAO pour la compilation des statistiques monétaires et financières de la CEDEAO. Ils passeront également en revue les pratiques de métadonnées de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), de la Banque centrale du Nigéria et de la Banque du Ghana, afin d’identifier les contraintes et de définir des mécanismes opérationnels adaptés.
Les échanges porteront notamment sur la désagrégation des unités institutionnelles non-résidentes entre le reste du monde et les pays de la région CEDEAO, selon les secteurs et les instruments financiers. Les experts examineront également les statistiques monétaires et financières régionales compilées par l’AMAO, ainsi que les progrès réalisés dans la mise en œuvre du plan d’action régional adopté en janvier 2025.
Ce plan d’action prévoit notamment l’élargissement de la couverture statistique aux autres sociétés financières d’importance systémique, l’amélioration des données sur les taux d’intérêt appliqués aux nouveaux crédits et aux dépôts à partir de moyennes pondérées, ainsi que le renforcement de la ventilation des crédits par secteur économique, conformément à la classification internationale ISIC Rév. 4. Il porte également sur la classification des prêts selon la monnaie et le taux d’intérêt, ainsi que sur la collecte de données historiques relatives aux taux de change des monnaies de la région.
À l’issue des travaux, les participants devraient parvenir à un cadre régional de métadonnées révisé et validé, assorti de recommandations techniques pour sa mise en œuvre. La réunion devra également permettre d’évaluer l’état d’avancement du plan d’action régional, de consolider les statistiques monétaires et financières régionales et d’adopter un rapport final.
Ces travaux contribueront à améliorer la disponibilité, la comparabilité et la qualité des statistiques nécessaires à l’analyse des évolutions monétaires et financières, au suivi de la convergence macroéconomique et à l’approfondissement de l’intégration régionale.
En renforçant les outils statistiques communs et la coopération entre les banques centrales et les institutions régionales, la CEDEAO et l’AMAO entendent ainsi soutenir la conduite de politiques économiques fondées sur des données fiables et comparables.
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