LA CEDEAO ET SES ÉTATS MEMBRES RÉAFFIRMENT LEUR ENGAGEMENT EN FAVEUR D’UNE ACTION COLLECTIVE VISANT À RENFORCER LA PROTECTION DE L’ENFANCE EN AFRIQUE DE L’OUEST
25 Avr, 2026La Commission de la CEDEAO, par l’intermédiaire de sa Direction des affaires humanitaires et sociales (DHSA), a organisé une réunion virtuelle de haut niveau du 22 au 24 avril 2026, réunissant les directeurs chargés de la protection de l’enfance des États membres afin de faire progresser les efforts régionaux en matière de protection des enfants.La réunion annuelle a servi de plateforme stratégique pour faire le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre stratégique de la CEDEAO visant à renforcer les systèmes nationaux de protection de l’enfance afin de prévenir et de lutter contre la violence, les abus et l’exploitation dont sont victimes les enfants en Afrique de l’Ouest, adopté par les chefs d’État et de gouvernement en 2017.
Ces réunions ont rassemblé des représentants de 12 États membres de la CEDEAO, le Bénin, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo , témoignant ainsi d’un engagement régional fort en faveur de la protection des droits des enfants.
Dans son allocution de bienvenue, Mme Ali Tiloh Bassasso Essossinam, chargée de programme pour les droits de l’enfant, la protection de l’enfance et le travail des enfants au sein du DHSA, a félicité les participants pour leur engagement constant dans le processus d’examen périodique. Elle a souligné que cette réunion n’était pas une occasion de porter des jugements, mais plutôt une opportunité d’évaluer les progrès accomplis, d’identifier les défis et d’affiner les stratégies. Mettant en avant le mandat de suivi et d’évaluation de la CEDEAO, elle a souligné la mise au point d’un outil en ligne destiné à faciliter la mise en œuvre. Elle a fait le point sur les progrès réalisés depuis 2022 en vue de la mise en service du Système de gestion de l’information sur les droits de l’enfant de la CEDEAO (ECRIMS), appelant les États membres à contribuer activement à l’amélioration de cette plateforme numérique. Elle a conclu en souhaitant aux participants une réunion productive et fructueuse.
Dans son allocution d’ouverture, M. Daniel Albert Gbow, de Sierra Leone, représentant l’actuel président de l’Autorité de la CEDEAO, a félicité la Commission pour l’organisation de cette réunion et a appelé à un renforcement de la responsabilité collective parmi les États membres. Il a mis en avant les principaux défis en matière de protection de l’enfance dans la région, notamment la traite, les enfants en situation de rue, les enfants en conflit avec la loi, la stigmatisation, les abus et l’exploitation sexuels, ainsi que les vulnérabilités liées aux conflits. Il a souligné qu’une protection efficace de l’enfance nécessite une approche coordonnée et multisectorielle, intégrant les systèmes et les institutions afin d’améliorer la prestation des services, et a appelé à une collaboration régionale renforcée, conformément aux cadres internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’enfant.
Tout au long de la réunion, les États membres ont vivement salué le Système de gestion de l’information sur les droits de l’enfant de la CEDEAO (ECRIMS), reconnaissant son utilité en tant qu’outil stratégique pour la collecte de données, le partage d’informations et la prise de décisions fondées sur des données factuelles visant à améliorer le bien-être des enfants dans toute la région.
Reconnaissant l’utilité de la plateforme ECRIMS, les États membres ont recommandé l’élaboration d’un manuel d’utilisation et l’organisation de formations régulières à l’intention des points focaux nationaux afin d’en garantir une utilisation efficace, tout en encourageant la reproduction du système aux niveaux national et infranational pour renforcer la collecte de données et le partage d’informations. Ils ont en outre appelé à une augmentation des ressources allouées au niveau national,appelant les États membres à consacrer au moins 3 % de leurs budgets nationaux aux mesures de protection de l’enfance, conformément à la politique de la CEDEAO en faveur de l’enfance adoptée en juin 2019, et encourageant la Commission de la CEDEAO à continuer de mobiliser des ressources pour soutenir et pérenniser le mécanisme ECRIMS. Par ailleurs, tout en saluant les efforts actuellement déployés pour fournir des services aux enfants vulnérables, les États membres ont souligné la nécessité d’améliorer encore ces services et de renforcer la documentation et le partage des meilleures pratiques dans toute la région.
La réunion s’est conclue par un nouvel appel à une action soutenue en faveur des cinq priorités régionales : mettre fin à la violence à l’encontre des enfants, éliminer le mariage des enfants, lutter contre le travail des enfants, promouvoir l’enregistrement universel des naissances et protéger les enfants en déplacement. Les participants ont également souligné l’importance d’une collaboration renforcée, d’une mobilisation accrue des ressources et d’un engagement renforcé des parties prenantes afin d’accélérer la mise en œuvre des engagements en matière de droits de l’enfant dans toute l’Afrique de l’Ouest.