

Le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG), le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant de la République de Côte d’Ivoire et l’Association Akwaba Mousso ont co-organisé du 16 au 17 septembre 2026 à Abidjan en République de Côte d’Ivoire, un atelier de renforcement des capacités destiné aux Officiers de Police Judiciaire (OPJ) de la Police et de la Gendarmerie, aux points focaux Violences Basées sur le Genre (VBG) du secteur de la justice ainsi qu’aux autres acteurs de première ligne impliqués dans la prévention et la prise en charge des VBG. L’objectif de l’atelier était de renforcer leurs compétences pratiques afin d’améliorer la prévention des VBG, l’identification des victimes et la prise en charge holistique des survivantes en termes d’accompagnement, d’orientation et d’accès à des services de prise en charge adaptés et coordonnés
Au-delà du renforcement des capacités individuelles, cette rencontre s’inscrivait dans une démarche plus large visant à consolider un dispositif multisectoriel de réponse aux VBG, fondé sur une meilleure collaboration entre les secteurs de la sécurité, de la justice, de la santé et de la protection sociale. Une approche essentielle pour garantir une prise en charge plus efficace, cohérente et centrée sur les besoins des survivantes.
Prenant la parole au nom de la Représentation Résidente de la CEDEAO en Côte d’Ivoire, Mme Fathmah MAHAN a rappelé que la lutte contre les violences basées sur le genre demeure une priorité stratégique pour l’organisation régionale. Elle a souligné que l’élimination de ces violences constitue une condition essentielle à la réalisation d’un développement inclusif et durable en Afrique de l’Ouest, tout en appelant à poursuivre la dynamique engagée avec les États membres dans le cadre de la CEDEAO.
Pour sa part, la Présidente de l’Association des Femmes Juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI), membre du consortium du projet J4S (Justice for Survivors), a insisté sur le rôle crucial des acteurs de première ligne dans l’accès effectif des survivantes à la justice. Selon elle, l’existence d’un cadre juridique solide ne suffit pas si celui-ci n’est pas appliqué avec professionnalisme, sensibilité et rigueur. Elle a ainsi rappelé aux participants qu’ils constituent les maillons essentiels de la chaîne judiciaire et que leur action conditionne souvent les possibilités de protection, de réparation et de justice pour les victimes.
Dans son intervention, Mme Sandra OULATÉ FATTOH, Directrice du CCDG, a mis en avant l’urgence d’une mobilisation collective associant institutions publiques, acteurs judiciaires, forces de défense et de sécurité et organisations de la société civile. Elle a insisté sur l’importance d’adopter une approche de tolérance zéro face aux violences faites aux femmes et aux filles, tout en soulignant que les professionnels en contact direct avec les survivantes doivent être en mesure d’offrir non seulement une réponse judiciaire appropriée, mais également un accompagnement respectueux, confidentiel et empreint d’empathie.
Ouvrant officiellement les travaux, la représentante du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a rappelé que l’efficacité de la lutte contre les VBG dépend avant tout de la qualité de l’intervention des acteurs de terrain et du renforcement de la coordination entre tous les services concernés. Réaffirmant l’engagement des autorités ivoiriennes aux côtés de la CEDEAO et de ses partenaires, elle a appelé à consolider les acquis existants et à les diffuser davantage auprès des intervenants de première ligne afin de garantir une réponse professionnelle, coordonnée et respectueuse de la dignité des survivantes.
Les échanges ont permis de mettre en évidence des priorités communes, notamment le renforcement des mécanismes d’orientation et de référencement, l’amélioration de l’accueil et de l’accompagnement des victimes ainsi que le développement d’une coopération plus étroite entre les différentes institutions impliquées. Plus largement, cet atelier a réaffirmé la volonté partagée de la CEDEAO, des autorités nationales et de leurs partenaires de promouvoir une réponse concertée, inclusive et efficace aux violences basées sur le genre, tout en rappelant que la protection des femmes et des filles demeure une responsabilité collective qui exige des institutions fortes, des acteurs qualifiés et une collaboration durable entre toutes les parties prenantes.
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