Les chefs d’état de la CEDEAO réaffirment leur engagement en faveur de la démocratie, de la paix et de la stabilité régionale lors de leur 68e sommet à Abuja
17 Déc, 2025Abuja, Nigeria – 14 décembre 2025 — L’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réaffirmé son engagement indéfectible en faveur du maintien de l’ordre constitutionnel, de la gouvernance démocratique, de la paix et de la stabilité régionale en Afrique de l’Ouest.
Lors d’une conférence de presse à l’issue de la 68e session ordinaire de l’Autorité, qui s’est tenue à la State House, à Abuja, le président de la Commission de la CEDEAO, S.E. Dr Omar Alieu TOURAY, a présenté les principales décisions et conclusions issues du sommet. Les États membres de la CEDEAO ont participé au sommet, soulignant la détermination collective des dirigeants de la région à relever les défis communs et à faire progresser l’intégration régionale.
L’Autorité a examiné le rapport annuel 2025 de la Communauté, ainsi que la situation actuelle en matière de paix et de sécurité dans la région. Dans ce contexte, les chefs d’État et de gouvernement ont réaffirmé leur tolérance zéro à l’égard des changements anticonstitutionnels de gouvernement et ont réitéré leur responsabilité collective de préserver la démocratie et la stabilité.
L’Autorité s’est félicitée du bon déroulement des récentes élections présidentielles et législatives dans plusieurs États membres et a salué les autorités nationales pour les préparatifs en cours en vue des élections prévues l’année prochaine. Les chefs d’État ont également pris acte des progrès enregistrés en Sierra Leone dans la mise en œuvre de l’Accord pour l’unité nationale et ont encouragé la poursuite d’un dialogue politique inclusif.
En ce qui concerne la Gambie, l’Autorité a exprimé sa profonde préoccupation face aux récentes déclarations faites par l’ancien président du pays depuis son exil en Guinée équatoriale, soulignant que ces déclarations violaient les conditions de l’asile et constituaient une menace pour la paix, la sécurité et la cohésion sociale. L’Autorité a rappelé que les déclarations conjointes de l’Union africaine et de ses partenaires facilitant le départ de l’ancien président du pouvoir ne l’exemptent pas de sa responsabilité, notamment en ce qui concerne les allégations de violations des droits de l’homme commises entre 1994 et 2016. Les chefs d’État ont fermement condamné toutes les tentatives visant à déstabiliser la Gambie et ont averti que toute nouvelle ingérence entraînerait des conséquences appropriées, notamment des sanctions pour violation des conditions d’asile.
En ce qui concerne le Bénin, l’Autorité a condamné avec la plus grande fermeté la récente tentative de coup d’État, qui visait à compromettre des décennies de gouvernance constitutionnelle ininterrompue. Les chefs d’État ont salué la réaction rapide et décisive des forces de sécurité béninoises, ainsi que la solidarité régionale dont ont fait preuve les mécanismes de la CEDEAO, notamment le déploiement d’éléments de la Force en attente de la CEDEAO, qui ont contribué à neutraliser la menace. Compte tenu de cette évolution, l’Autorité a chargé la Commission de la CEDEAO de prendre les mesures nécessaires pour proposer des mesures visant à rendre opérationnelle et à renforcer la Force en attente de la CEDEAO.
En ce qui concerne la République de Guinée, l’Autorité s’est déclarée satisfaite des progrès significatifs accomplis dans le processus de transition, qui devrait aboutir à la tenue d’élections prévues pour le 28 décembre 2025. Les chefs d’État ont chargé la Commission d’approfondir la collaboration avec les partenaires régionaux et internationaux afin d’assurer un soutien soutenu et coordonné à la transition. L’Autorité a également confirmé que la CEDEAO déploiera une mission d’observation électorale pour accompagner le processus électoral.
En ce qui concerne la Guinée-Bissau, l’Autorité a réitéré les décisions adoptées lors de la session extraordinaire du Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO tenue le 27 novembre 2025. L’Autorité a pris note des rapports des missions d’observation électorale de la CEDEAO, de l’Union africaine et d’autres organisations, qui ont qualifié les élections du 23 novembre 2025 de libres, transparentes et pacifiques. L’Autorité a rejeté le soi-disant programme de transition annoncé par les dirigeants militaires, a exigé la libération immédiate de tous les détenus politiques et a appelé au rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel, y compris le plein respect des droits de tous les acteurs politiques à participer librement au processus politique.
En conclusion, l’Autorité a réaffirmé sa détermination collective à défendre la démocratie, à faire respecter l’ordre constitutionnel et à renforcer la paix et la sécurité régionales, soulignant que la CEDEAO continuera d’agir de manière décisive, en solidarité avec les États membres, pour protéger la stabilité et les aspirations démocratiques des peuples d’Afrique de l’Ouest.