LA CEDEAO RENFORCE LA COORDINATION RÉGIONALE EN VUE DE LA CONFÉRENCE MONDIALE DES RADIOCOMMUNICATIONS DE 2027 (CMR-27)
18 Juin, 2026La Commission de la CEDEAO, par l’intermédiaire de sa Direction de l’économie numérique et des postes, a organisé la troisième réunion préparatoire de la CEDEAO en vue de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2027 (CMR-27), qui s’est tenue du 16 au 18 juin 2026 à Abuja, au Nigeria.
Cette réunion rassemble des experts des États membres de la CEDEAO afin de dégager un consensus régional et de formuler des positions communes préliminaires de la CEDEAO (ECOCOP) avant leur soumission à l’Union africaine des télécommunications (UAT).
Ces positions contribueront à l’élaboration des propositions communes africaines qui seront présentées lors de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2027, renforçant ainsi l’engagement de l’Afrique de l’Ouest à faire entendre une voix africaine coordonnée et influente dans la gouvernance mondiale du spectre et des satellites.
Cette réunion sera également l’occasion de dialoguer avec les acteurs du secteur et d’autres utilisateurs du spectre afin de discuter des technologies émergentes et des évolutions futures nécessitant des attributions de spectre.
La Commission de la CEDEAO a réaffirmé la nécessité d’une coordination régionale renforcée et de politiques harmonisées en matière de spectre, alors que l’Afrique de l’Ouest se prépare pour la CMR-27. S’exprimant au nom du président de la Commission de la CEDEAO, le Dr Omar Alieu Touray, M. Mawuli Amoa, chargé de mission principal pour la politique et la réglementation des télécommunications et des services postaux, a souligné que le Traité révisé de la CEDEAO, en particulier son article 33, fournit la base juridique de la coopération dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC) et impose aux États membres de coordonner et d’harmoniser leurs secteurs des télécommunications.
M. Amoa a mis en avant les réformes en cours du cadre juridique et réglementaire régional des communications électroniques, notamment une nouvelle directive sur les communications électroniques qui devrait être adoptée par le Conseil des ministres de la CEDEAO lors de sa prochaine réunion. La directive proposée vise à établir une feuille de route régionale unifiée en matière de spectre, à harmoniser les bandes de fréquences très demandées, à renforcer la coordination transfrontalière des fréquences et à créer un environnement propice aux investissements qui permettront d’étendre l’accès au haut débit, en particulier dans les communautés rurales et mal desservies.
La Commission a également souligné que la réunion examinerait les nouveaux enjeux mondiaux liés au spectre ayant des implications majeures pour la région, notamment le haut débit par satellite, la connectivité « Direct-to-Device » (D2D), la souveraineté du spectre et la gestion des opérations des satellites non géostationnaires. Qualifiant le spectre des radiofréquences de ressource limitée et stratégique qui sous-tend l’économie numérique, la Commission a exhorté les experts et les délégués à collaborer pour façonner un avenir numérique résilient et inclusif pour l’Afrique de l’Ouest, tout en réaffirmant son engagement à soutenir les États membres tout au long du processus préparatoire de la CMR-27.
Le secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications (UAT), M. John Omo, a souligné la nécessité d’une solidarité régionale et d’une action coordonnée alors que l’Afrique se prépare à la CMR-27. Soulignant l’importance des processus de la CMR dans la détermination de l’utilisation mondiale du spectre des radiofréquences et des ressources orbitales satellitaires, qui sont essentielles à la transformation numérique et aux économies modernes, il est également revenu sur les réalisations de la CMR-23, notant que l’Afrique avait obtenu des avancées majeures en matière de spectre pour les services mobiles à haut débit et les services par satellite, notamment une harmonisation plus large de la bande 3,6–3,8 GHz et l’acceptation des six propositions de l’ATU en tant que points à l’ordre du jour de la CMR-27.
Il a réaffirmé l’engagement de l’ATU à soutenir la CEDEAO et tous les pays africains tout au long du processus préparatoire de la CMR-27, exhortant les délégués à élaborer des positions typiquement africaines et axées sur la garantie d’avantages numériques inclusifs à l’échelle du continent. Les résultats de la réunion d’Abuja alimenteront les préparatifs plus larges de l’Afrique en vue de la CMR-27 et contribueront à orienter les discussions lors de la troisième réunion préparatoire annuelle de l’ATU (APM27-3), prévue plus tard cette année en Tunisie.
Le président de la réunion et responsable des études et de la planification des fréquences à l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes du Sénégal, M. Mandialy Bodian, a souligné le rôle essentiel du spectre des radiofréquences en tant que fondement de l’économie numérique de l’Afrique de l’Ouest. Il a appelé à une approche régionale unifiée de la gestion du spectre, en mettant l’accent sur des priorités telles que l’harmonisation des positions régionales, la promotion de l’innovation grâce à des technologies comme la 5G, la 6G et le haut débit par satellite, la promotion de l’inclusion numérique, ainsi que la protection des ressources du spectre essentielles aux services de sécurité et d’urgence.
Il a exhorté les délégués à renforcer la position commune de l’Afrique sur les points à l’ordre du jour de la CMR-27 en s’appuyant sur les études techniques de l’UIT, en négociant des compromis concrets et en travaillant sous la coordination de l’Union africaine des télécommunications (UAT). Il a conclu en félicitant les participants pour leur expertise et leur engagement, soulignant que leurs efforts auront une influence significative sur la connectivité de la région et son programme de transformation numérique.