ECOGEB : LA CEDEAO FRANCHIT UNE ÉTAPE DÉCISIVE DANS LA MESURE DES INÉGALITÉS DE GENRE EN AFRIQUE DE L’OUEST
02 Juil, 2026Le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG) a réuni du 25 au 27 juin 2026, à Saly Portudal, en République du Sénégal, des représentants des Directions nationales de la statistique, des Centres de recherche, des Institutions régionales et des partenaires techniques et financiers à l’occasion de l’Atelier régional de validation scientifique du Guide méthodologique de l’ECOWAS Gender Barometer (ECOGEB).
La cérémonie d’ouverture a été présidée par l’Honorable Professeure Fatou Sow Sarr, Commissaire au Développement Humain et aux Affaires Sociales, en présence du Commissaire aux Affaires Économiques et à l’Agriculture, Dr Kalilou Sylla, de Son Excellence Madame Zelma Yollande Nobre Fassinou, Représentante Résidente de la CEDEAO au Sénégal, du Professeur Abdoulaye Diagne, Directeur Exécutif du Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES) et du Représentant de la Fondation FORD.
L’ECOGEB, pour le rappeler, est une initiative régionale lancée par la CEDEAO afin de doter la Communauté d’un outil harmonisé de mesure et de suivi des inégalités entre les femmes et les hommes. Les travaux menés depuis 2023 ont permis de mettre en place une base de données, de développer un indice régional d’égalité de genre et de renforcer la disponibilité de données probantes pour éclairer les politiques publiques et suivre les progrès réalisés dans les États membres.
Les différentes interventions ont souligné l’importance de l’Outil ECOGEB qui vient combler les lacunes notamment dans la mise à disposition de données de qualité, régulièrement collectées, analysées et utilisées dans les processus décisionnels ; condition indispensable pour bâtir des politiques économiques et sociales véritablement inclusives.
Dans son mot de bienvenue, la Représentante Résidente de la CEDEAO au Sénégal, Mme Zelma Nobré Fassinou, a souligné que l’ECOGEB répond à l’engagement de la CEDEAO de réaliser une ambition historique ; celle d’une intégration socio-économique profonde et d’une gouvernance politique au service de tous et de toutes en symbiose avec la Vision 2050 de la CEDEAO. Dans l’atteinte de cet objectif, pour la CEDEAO, il ne peut y avoir de politiques efficaces sans données fiables, ni de décisions éclairées sans statistiques de qualité ainsi que d’égalité réelle sans une mesure rigoureuse des progrès accomplis et des défis qui subsistent.
Le Représentant de la Fondation FORD, M. Omar N’Diaye a également dans son mot de soutien, noté que la question des données est essentielle parce que sans elles, l’on continuera à travailler
sans réelle visibilité sur ce que l’on fait, de manière presque aveugle. Les efforts risquent alors d’être dispersés, tout comme les ressources, et il sera ainsi difficile de démontrer l’impact ou les résultats que l’on souhaite obtenir. Il a remercié Prof. Fatou Sow Sarr, pour avoir porté cette vision consistant à établir une base de données permettant d’accompagner les pays dans la lutte contre les violences basées sur le genre et dans la promotion de l’égalité des genres. Il a conclu en réaffirmant l’engagement de la Fondation FORD à demeurer un partenaire stratégique de cette initiative jusqu’à son aboutissement.
Le Directeur du Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES), Prof. Abdoulaye Diagne, a rappelé que l’ECOGEB est un instrument stratégique qui donne aux femmes et aux hommes qui gouvernent, qui planifient, qui militent et qui décident dans cette région, un outil de navigation fondé sur des faits rigoureux, comparables, actualisés et, pour la première fois, véritablement ancrés dans les réalités ouest-africaines.
L’allocution du Commissaire en charge des Affaires Economiques et de l’Agriculture, Dr Kalilou Sylla, a mis en exergue que l’une des raisons majeures de la marginalisation de l’apport des femmes dans les économies des pays de la CEDEAO ainsi que les inégalités dont elles sont victimes dans la distribution des richesses, proviennent essentiellement d’absence de données concrètes pour évaluer leur contribution réelle dans le dynamisme économique des Etats membres de la CEDEAO. Cela dit, l’intégration systématique de la dimension genre dans les systèmes statistiques n’est donc pas une option. C’est une nécessité stratégique pour construire des économies plus compétitives, plus résilientes et plus équitables. Il a conclu en lançant « un appel aux acteurs de la recherche, producteurs et utilisateurs de données, afin qu’ils renforcent leurs investissements dans la production, l’analyse et l’utilisation des données de genre ».
Dans son discours d’ouverture, l’Honorable Professeure Fatou Sow Sarr a rappelé qu’une région qui garantit l’égalité des chances améliore durablement le bien-être de ses populations et l’ECOGEB doit aider à accélérer cette transformation. Les données de l’ECOGEB représentent donc un levier essentiel et stratégique de gouvernance car elles permettent non seulement d’éclairer les décisions, d’évaluer les résultats, de renforcer la redevabilité mais aussi de s’assurer que les ressources mobilisées sont investies là où elles ont le plus grand impact. En sus, l’ECOGEB devra, in fine, contribuer à renforcer le dialogue politique régional et à soutenir les efforts de plaidoyer en faveur de la réduction des inégalités de genre dans l’ensemble des États membres. Elle a conclu en réaffirmant que « l’égalité de genre n’est pas uniquement une question de justice sociale. Elle constitue également un impératif économique, un facteur de croissance, de stabilité, de résilience ».
Au cours de l’atelier, les Représentants des Directions nationales de la statistique ainsi que les centres de recherche et les partenaires ont discuté et formulé des recommandations sur le choix
des dimensions et des indicateurs, les méthodes de pondération et d’agrégation des données et le cadre de collaboration avec les différentes parties prenantes sur la collecte des données et leur utilisation.
Le projet de Guide méthodologique de l’ECOGEB marque ainsi une étape importante dans le processus de consolidation et d’institutionnalisation de l’outil au sein du dispositif de collecte et d’analyse de données statistiques de la CEDEAO.