LA COMMISSION DE LA CEDEAO ORGANISE UN ATELIER RÉGIONAL POUR EXAMINER L’IMPACT DE LA DÉSINFORMATION ET DES FAUSSES INFORMATIONS SUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ EN AFRIQUE DE L’OUEST
11 Juin, 2026La Commission de la CEDEAO, par l’intermédiaire de sa Direction du maintien de la paix et de la sécurité régionale, en collaboration avec ses Centres d’excellence en formation (TCE), le Centre de recherche et d’études stratégiques (CSRS) et le Collège national de défense (NDC), organise à Abuja un atelier méthodologique de deux jours sur l’étude régionale intitulée « L’impact de la mésinformation et de la désinformation sur la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest », qui se tiendra à Abuja, au Nigeria, les 10 et 11 juin 2026.
Le contre-amiral Abdullahi Ahmed, commandant du Collège de défense nationale du Nigeria, a félicité la CEDEAO pour sa vision stratégique consistant à associer la production de connaissances à l’élaboration des politiques. Le contre-amiral Ahmed a fait remarquer que le paysage sécuritaire moderne a évolué, transformant le domaine de l’information en un champ de bataille actif où de faux récits manipulent l’opinion publique et exacerbent les vulnérabilités. En tant qu’institution chef de file de cette étude dans le cadre d’un programme de recherche tournant, le NDC est chargé de coordonner l’ensemble du processus de recherche, d’harmoniser les efforts entre les entités participantes et de superviser le rapport régional final. Il a souligné que cette initiative s’inscrit dans la continuité d’études régionales antérieures couronnées de succès, notamment : l’étude pionnière sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs menée par le Collège de défense nationale du Nigeria et l’étude sur les changements démographiques et la sécurité régionale menée par le Centre international Kofi Annan de formation au maintien de la paix (KAIPTC).
M. Ovie Faith, représentant de l’ambassade d’Allemagne à Abuja, a prononcé un discours de bienvenue dans lequel il a souligné que le paysage sécuritaire de l’Afrique de l’Ouest s’était radicalement déplacé vers le domaine de l’information numérique, où les menaces traditionnelles telles que le terrorisme se conjuguent désormais avec une guerre de l’information sophistiquée, fondée sur l’intelligence artificielle, capable de manipuler rapidement l’opinion publique et d’exploiter les vulnérabilités sociales. Par conséquent, cet atelier méthodologique constitue une base essentielle pour aller au-delà de simples hypothèses et aboutir à un cadre régional commun, fondé sur des données factuelles, capable de produire des stratégies concrètes pour lutter contre le désordre informationnel.
Lors de l’ouverture de l’atelier, le Dr Danjuma Aku, chef du soutien aux missions au sein de la Direction du maintien de la paix et de la sécurité régionale, a prononcé le discours d’ouverture au nom du commissaire de la CEDEAO chargé des affaires politiques, de la paix et de la sécurité, l’ambassadeur Abdel-Fatau Musah. Dans son allocution, il a souligné que cet atelier constituait une étape importante pour ce troisième effort de recherche régional collaboratif, initialement conçu à Accra en 2023 afin d’élaborer une réponse structurée aux menaces liées à l’information. Cette initiative s’appuie directement sur une collaboration de longue date entre la Commission de la CEDEAO et ses centres d’excellence en formation, un partenariat renforcé par un protocole d’accord révisé en 2016. Il a souligné que la lutte contre la mésinformation et la désinformation ne consiste pas seulement à contrer les fausses informations, mais aussi à renforcer la confiance régionale, la transparence, ainsi que la responsabilité et la bonne gouvernance, qui constituent les fondements d’une paix durable.
Au cours de cet événement de deux jours, d’éminents chercheurs, des points focaux nationaux et des experts techniques se pencheront sur des aspects essentiels tels que l’alignement conceptuel, l’harmonisation méthodologique, la validation des instruments de recherche, les outils de recherche numériques, la protection des données et l’assurance qualité. Les données empiriques finales issues de cette étude serviront à identifier les tendances émergentes et à formuler des recommandations concrètes et applicables visant à renforcer les mécanismes de sécurité et la résilience régionale en Afrique de l’Ouest.