LA CEDEAO ET LE SÉNÉGAL S’ALIGNENT AUTOUR D’UNE ACTION FONDÉE SUR LES DONNÉES POUR ÉTENDRE L’ACCÈS AUX DISPOSITIFS D’ASSISTANCE AU PROFIT DES ENFANTS EN SITUATION DE HANDICAP
24 Avr, 2026LA CEDEAO ET LE SÉNÉGAL S’ALIGNENT AUTOUR D’UNE ACTION FONDÉE SUR LES DONNÉES POUR ÉTENDRE L’ACCÈS AUX DISPOSITIFS D’ASSISTANCE AU PROFIT DES ENFANTS EN SITUATION DE HANDICAP, TRAÇANT UNE TRAJECTOIRE CLAIRE POUR UNE MISE À L’ÉCHELLE RÉGIONALE
La Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a organisé, le 24 avril 2026 à Dakar, République du Sénégal, un atelier d’information et de plaidoyer dans le cadre de son programme régional de fourniture de dispositifs d’assistance aux enfants en situation de handicap. Cette rencontre a réuni les autorités publiques, les organisations de personnes handicapées, les institutions techniques ainsi que les partenaires au développement, en vue de valider les besoins et de définir la prochaine phase de mise en œuvre. Elle s’inscrit dans le prolongement de l’étape de Banjul et marque un passage décisif du dialogue stratégique à l’opérationnalisation des interventions.
À l’ouverture des travaux, le Dr Fernando Jorge Alves D’Almada, Chargé principal de programme en Affaires sociales à la Commission de la CEDEAO, a donné le ton en rappelant avec clarté : « Les dispositifs d’assistance ne sont pas facultatifs, ils sont essentiels à la dignité, à l’autonomie et à la pleine participation. » Il a souligné que des millions d’enfants en Afrique de l’Ouest demeurent confrontés à des obstacles structurels en matière d’éducation et de mobilité, précisant que ce programme s’inscrit dans le Plan d’action régional de la CEDEAO pour l’inclusion du handicap et traduit l’ambition de la Vision 2050 de bâtir « une CEDEAO des peuples ».
Présentant la déclaration nationale au nom de Son Excellence Madame Maïmouna Dièye, Ministre de la Famille, de l’Action sociale et de la Solidarité du Sénégal, Monsieur Mountaga Ba, Secrétaire général du ministère, a réaffirmé l’engagement du Sénégal en faveur de l’inclusion, tout en ancrant les échanges dans les réalités opérationnelles. « L’objectif est désormais clair : passer de l’identification à la mise à disposition effective », a-t-il déclaré, mettant en exergue la nécessité d’aligner l’initiative régionale sur les dispositifs nationaux existants, notamment les cadres juridiques et les mécanismes de financement public.
Du point de vue des organisations de personnes handicapées, Monsieur Moussa Thiaré, Président de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées, a recentré les discussions sur l’expérience vécue. « Un dispositif, c’est ce qui permet à un enfant d’aller à l’école, d’apprendre, de jouer et d’espérer », a-t-il affirmé, plaidant pour des solutions adaptées, accessibles et durables. Son intervention a fait écho à un message constant tout au long de l’atelier : l’efficacité repose sur une prise en compte rigoureuse des besoins réels.
Les partenaires techniques et financiers ont conforté cette orientation. S’exprimant au nom des partenaires, le Dr Fatou Ndiaye Bâ de Sightsavers a insisté sur l’importance d’un engagement coordonné et de long terme. « Il s’agit de bâtir des systèmes pérennes », a-t-elle souligné, réaffirmant l’appui aux efforts conjoints de la CEDEAO et du Gouvernement du Sénégal pour garantir que les technologies d’assistance parviennent effectivement aux enfants qui en ont le plus besoin.
Les échanges ont permis de dépasser les déclarations d’intention pour se concentrer sur des modalités concrètes de mise en œuvre. Les participants ont relevé que, bien que le Sénégal dispose de données existantes au sein de ses institutions et auprès des parties prenantes, une plus grande précision demeure nécessaire pour les traduire en priorités opérationnelles. Comme l’a résumé un participant : « les données existent, mais les besoins doivent être affinés ». L’atelier a ainsi convergé vers une orientation opérationnelle claire : consolider les données disponibles, renforcer l’engagement avec les institutions techniques et les acteurs concernés, et établir une liste validée et priorisée de dispositifs d’assistance pour orienter la planification nationale et l’appui régional.
À la clôture des travaux, les participants ont souligné l’urgence de mettre en place un mécanisme technique dédié pour piloter la phase suivante. L’accent est désormais mis sur l’alignement effectif des processus d’identification, de validation et de mise à disposition, appuyé par une coordination renforcée et des systèmes de données plus cohérents. Comme cela a été relevé au cours des échanges, « nous sommes à un stade où nous devons avancer avec célérité et précision, avec des priorités claires et des responsabilités définies ». L’étape de Dakar constitue ainsi une avancée décisive vers la mise à l’échelle régionale du programme, marquant une transition vers une action résolument axée sur les résultats.
Cette initiative illustre l’engagement soutenu de la Commission de la CEDEAO en faveur de l’inclusion sociale et du développement humain, en traduisant les cadres régionaux en résultats concrets. En élargissant l’accès équitable aux technologies d’assistance, le programme contribue à la réduction des inégalités, à l’amélioration de l’accès à l’éducation et aux services essentiels, ainsi qu’au renforcement de l’autonomie et de la participation des enfants en situation de handicap. S’appuyant sur les acquis de la mission de Dakar, la prochaine phase portera sur la consolidation de la liste nationale validée des dispositifs prioritaires, en vue d’alimenter la soumission officielle du Sénégal et d’orienter les processus d’acquisition et de déploiement, dans le cadre d’une mise en œuvre coordonnée à l’échelle des États membres, conformément à la vision d’une Communauté inclusive et centrée sur les citoyens.