LA CEDEAO IMPULSE UNE ACTION RÉGIONALE POUR RENFORCER L’INCLUSION DES PERSONNES HANDICAPÉES À TRAVERS UN CADRE DE REDEVABILITÉ DES DONNÉES
15 Avr, 2026La Commission de la CEDEAO fait progresser un agenda régional décisif visant à renforcer l’inclusion des personnes handicapées en Afrique de l’Ouest, en pilotant la validation d’un Cadre de redevabilité des données sur le handicap, destiné à améliorer la collecte, l’harmonisation et l’utilisation de données ventilées par handicap, permettant ainsi aux États membres d’évoluer vers des politiques publiques plus coordonnées, fondées sur des données probantes et redevables. Réunie le 14 avril 2026 à Abuja, au Nigeria, la réunion régionale de validation des experts a rassemblé, dans un format hybride, des représentants des États membres de la CEDEAO, des institutions nationales, des experts techniques et des partenaires, y compris la Commission de l’Union africaine et l’UNICEF.
Au cœur des échanges s’est imposée une réalité régionale majeure : en l’absence de données fiables et comparables, les personnes handicapées demeurent largement invisibles dans la planification nationale du développement, avec des conséquences directes sur l’élaboration des politiques, l’allocation des ressources et les résultats en matière de développement inclusif.
S’exprimant au nom du Président de la Commission de la CEDEAO, S.E. Dr Omar Alieu Touray, et de la Commissaire au Développement humain et aux Affaires sociales, Prof. Fatou Sow Sarr, Dr Alves D’ALMADA JORGE, Chargé principal de programme, Affaires sociales, à la Direction des Affaires humanitaires et sociales, a souligné que cette initiative s’appuie sur une étude diagnostique régionale réalisée en 2021, ayant mis en évidence des lacunes structurelles, des incohérences et l’obsolescence des données relatives au handicap dans les États membres.
« Sans données fiables et harmonisées, les personnes handicapées restent largement invisibles dans la planification nationale du développement », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur le fait que ces insuffisances continuent d’entraver l’élaboration de politiques inclusives, d’affaiblir les systèmes de suivi et de limiter l’efficacité de l’allocation des ressources, précisant que le cadre en cours de validation vise à servir de référence régionale commune afin de renforcer les systèmes de données, d’améliorer la comparabilité et de consolider la redevabilité à l’échelle régionale.
Présidant la réunion, M. John CONTEH, Directeur par intérim du Bien-être social au Ministère du Bien-être social de la Sierra Leone, a qualifié ce cadre d’outil stratégique pour opérationnaliser le Plan d’action de la CEDEAO pour le handicap 2020–2030 et garantir que les engagements en faveur de l’inclusion se traduisent en résultats mesurables et concrets.
Participant virtuellement, Dr Olubusayo AKINOLA, Chef de la Division du Bien-être social, du Contrôle des drogues et de la Prévention de la criminalité à la Commission de l’Union africaine, a souligné l’importance d’aligner le cadre sur l’Agenda 2063 et les principaux instruments relatifs aux droits humains, notant que des systèmes de données robustes sont essentiels pour promouvoir la redevabilité et l’inclusion à l’échelle du continent.
Dans une perspective de politique sociale, Mme Adebisi ARIJE, Spécialiste des politiques sociales à l’UNICEF, a indiqué que des millions d’enfants handicapés restent non recensés dans les statistiques nationales, limitant leur accès aux services essentiels et à la protection. Elle a réaffirmé que l’inclusion commence par la visibilité dans les données et a insisté sur l’engagement continu de l’UNICEF à soutenir les États membres à travers une assistance technique et le renforcement des systèmes statistiques.
Les partenaires au développement ont également réitéré leur engagement. À la suite de l’allocution d’ouverture prononcée au nom du Secrétaire exécutif de la Commission nationale pour les personnes handicapées du Nigeria, M. Peter EKEMINI, Conseiller en diversité et point focal pour la dimension des capacités physiques et mentales au Secrétariat Genre, Diversité et Inclusion de la GIZ Nigeria, a salué le leadership de la Commission de la CEDEAO.
« L’inclusion des personnes handicapées constitue un élément central de notre action. Nous demeurons engagés à garantir que les personnes handicapées jouissent pleinement de leurs droits, en levant les obstacles qui entravent leur participation pleine et effective à la société », a-t-il déclaré.
Il a également mis en lumière les efforts en cours visant à renforcer les capacités institutionnelles à travers des approches fondées sur les données, notamment les audits de diversité, les évaluations d’accessibilité et l’intégration d’indicateurs d’inclusion dans les programmes de développement.
Sous la conduite de Mme Abimbola OYELOHUNNU, Chargée de programme, Affaires sociales, à la Direction des Affaires humanitaires et sociales de la Commission de la CEDEAO, les discussions ont ensuite évolué vers une phase technique plus approfondie.
« Pendant trop longtemps, nous avons travaillé sur la base d’hypothèses plutôt que de faits », a-t-elle déclaré, appelant à la mise en place de systèmes de données harmonisés, cohérents et exploitables pour orienter la planification nationale et la prise de décision régionale.
La réunion a également réuni des responsables nationaux, notamment Dr Ayuba GUFWAN, Secrétaire exécutif de la Commission nationale pour les personnes handicapées du Nigeria, soulignant l’importance de l’appropriation nationale dans la mise en œuvre des engagements régionaux.
Au cours du processus de validation, les experts examinent et affinent le cadre afin de garantir sa conformité aux normes internationales tout en assurant son adaptabilité aux contextes nationaux.
À travers cette initiative, la Commission de la CEDEAO renforce son rôle de leader dans la promotion du développement inclusif, en opérant une transition de l’engagement à la mise en œuvre, et en posant les bases d’une gouvernance plus redevable, fondée sur les données et véritablement inclusive en Afrique de l’Ouest.