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Allouer plus de ressources aux projets et programmes ayant un impact sur les citoyens ouest-africains
Le présidium à l’ouverture des travaux

Monrovia, le 25 mai 2016. Le président du Comité de l’administration et des finances (CAF) de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), et chef de la Cellule nationale Cedeao du Liberia, Benedict Roberts, a insisté pour une orientation considérable des ressources financières de l’organisation vers les projets et programmes de développement ayant plus d’impact sur la vie des populations ouest-africaines.

« Faisons en sorte que les projets et programmes de développement que nous mettons en œuvre puissent directement améliorer les conditions de vie de nos citoyens », a-t-il déclaré à l’ouverture, ce jeudi 25 mai, à Monrovia, au Liberia, de la 21ème réunion du CAF.

Pour Benedict Roberts, dont le pays assure actuellement la présidence en exercice de la Cedeao, le CAF constitue la première structure ayant pour responsabilité d’examiner de façon critique et de déterminer si les dépenses liées aux projets, programmes et à d’autres activités communautaires sont en cohérence avec le cadre stratégique de la Cedeao.

De g. à dr. Benedict Roberts, président du CAF, Marcel de Souza et Edward Singhatey, président et vice-président de la Commission de la Cedeao

Il a invité le CAF et l’ensemble des institutions de la Cedeao à améliorer leurs relations et leur collaboration dans l’intérêt suprême de la Communauté, car a-t-il indiqué, les deux entités appartiennent toutes à la même famille communautaire.

« Le CAF a toujours apporté son appui indéfectible à la Commission et aux autres institutions de la Cedeao, pour la détermination des projets et programmes de travail au profit de notre Communauté. Cependant, les relations entre le CAF et ces institutions semblent n’exister qu’au cours des réunions du CAF. Est-ce qu’il s’agit là du type de relations que nous envisageons ? », s’est-il interrogé.

Son appel semble être entendu par le président de la Commission de la Cedeao, Marcel de Souza, qui, dans son allocution, a exhorté les diverses entités communautaires à réfléchir et à travailler en symbiose pour surmonter les nombreux défis auxquels est confrontée l’organisation régionale, et atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés.

Une vue de l’assistance

Pour M. de Souza, ces objectifs à atteindre dans le cadre de la réforme institutionnelle engagée depuis plusieurs années, sont de trois ordres. D’abord, maîtriser les charges de l’institution, sans nuire à la mise en œuvre efficace des programmes et projets de la Communauté ; ensuite, éviter les gaspillages ; et enfin, observer la règle des 35% pour les dépenses de fonctionnement et 65% pour les projets et programmes à impact sur les populations ouest-africaines.

Quant aux défis, ils sont de taille, à en croire le chef de l’organe exécutif de la Cedeao.

Il a évoqué la question de l’organigramme de la Commission, qui avait déjà fait l’objet de débats lors de la précédente réunion du CAF, en décembre 2016, à Abuja, au Nigeria ; la situation précaire de la trésorerie de la Cedeao, qui nécessite des efforts pour le paiement des prélèvements communautaires.

« Le prélèvement communautaire constitue l’épine dorsale du processus de financement des programmes et activités de la Cedeao », a martelé Marcel de Souza.

Les entraves liées aussi bien à la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux, qu’à la promotion du droit d’entrée, de résidence et d’établissement des citoyens de la Communauté, la corruption, le chômage des jeunes, et le faible volume des échanges commerciaux de la région, constituent également des défis importants à relever, a indiqué M. de Souza.

 «42 ans après la création de la Cedeao, les échanges entre ses Etats membres sont estimés aujourd’hui à 28 milliards de dollars américains, et le taux d’intégration régional n’est que de 15%. Ces taux sont faibles et nous devons les améliorer», a-t-il souligné.

Au plan économique, le président de la Commission s’est appesanti sur les contraintes liées à la création de la monnaie unique de la Cedeao, et la récession de l’économie nigériane avec ses conséquences sur les autres économies de la région.

Marcel de Souza n’a pas non plus occulté les questions sécuritaires au niveau régional, caractérisées notamment par la difficile réconciliation du peuple bissau-guinéen en dépit des multiples initiatives entreprises par la Cedeao pendant plusieurs années ; les efforts du président nigérian, Muhamadu Buhari, pour venir à bout des terroristes du groupe Boko Haram ; ainsi que l’occupation des 2/3 du territoire malien par les islamistes.

A propos du Mali, il a annoncé la tenue prochaine dans ce pays d’une conférence internationale sur la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest, avec pour but de réfléchir sur la stratégie régionale à même d’imposer la paix au Nord Mali.

Parlant de la Gambie, Marcel de Souza a rappelé le dénouement pacifique de la crise postélectorale dans ce pays ; la nécessité de réformer l’armée et la justice gambiennes, de privilégier l’unité nationale et la réconciliation de tous les gambiens, de redresser l’économie nationale, de consolider la paix retrouvée et la démocratie, tout en évitant les règlements de compte et la chasse aux sorcières.

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